Tueries du Brabant: un nouveau témoignage relance la piste de l'extrême-droite

Eric Lammers a accepté de parler à la RTBF
Eric Lammers a accepté de parler à la RTBF - © RTBF

Banditisme, Terrorisme, ou prédateurs ? Entre 1982 et 1985, les attaques des "tueurs du brabant" ont fait 28 victimes. Et à l’heure actuelle, il reste un seul inculpé dans l’enquête : Jean-Marie Tinck. Mais les enquêteurs poursuivent leurs investigations sur différentes pistes. Dont celle d’une déstabilisation par l’extrême-droite. "Devoir d’enquête" revient sur cette piste avec un témoignage exceptionnel : celui d’Eric Lammers. Il avait 20 ans en 1980 et il affirme avoir fait partie d’une organisation qui avait prévu d’attaquer les grands magasins.

Les années ont passé mais Eric Lammers n’a rien oublié. Dans les années 80, il a fait partie d’un groupe secret, le "WNP" dont certains membres ont été formés comme lui pour tuer sur ordre. Eric Lammers a confié à Martine Ernst comment tout cela était organisé : "On nous faisait d'ailleurs faire de fausses missions. On ne nous le révélait qu'à la dernière phase de l'exercice. On nous apprenait à organiser un meurtre de façon à ce qu'il ressemble à un suicide ou à ce qu'on ne laisse pas de traces".

Ce groupe aurait eu à son actif peu avant les tueries le repérage des entrées et sorties de grands magasins. Une préparation aux attaques de 85. Eric Lammers n'a pas été associé à cette opération, dit-il : "Il y allait avoir fusillade, il fallait vérifier par où venaient les polices et quels étaient les meilleures itinéraires de fuite. une description des lieux, des bâtiments et des angles. Après coup je m'aperçois que Delhaize, Colruyt qui sont surveillés, c'est justement cela qui se fait attaquer lors du Brabant wallon par après..."

A l’époque cet ancien élève de l’école royale militaire est entré dans ce groupe secret en pensant travailler au service de l’État. Pour lutter contre le danger communiste. Aujourd’hui il pense avoir été berné et manipulé: "On reçoit un papier anonyme avec un code émanant d'une autorité qu'on ne connait pas. Seulement le groupe aurait pas fonctionné si il y avait pas eu un représentant officiel de l'Etat dans le système... Et bon, vous avez 20 ans vous vous sentez tout-à-fait protégé et sur de vous quoi... et vous travaillez pour le bon camp".

Manipulation

Aujourd'hui Eric Lammers reste persuadé que d'autres que lui ont été victimes de cette manipulation. Commanditaires et instructeurs du groupe sont aujourd'hui partiellement identifiés. Mais il reste à établir un lien matériel avec au moins l'une des attaques. Alors seulement les dominos pourraient tomber.

Condamné à perpétuité dans les années 90 pour un double meurtre commis à Anvers, Eric Lammers est aujourd’hui libre. Il a purgé sa peine et a décidé de se rendre utile à la société en travaillant normalement. Il a changé de trajectoire et conserve un regard très lucide sur le passé.

Le témoignage diffusé par la RTBF est une pièce supplémentaire versée à un dossier qui aujourd'hui n’a toujours pas livré entièrement ses secrets.

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