Tueries du Brabant: l'homme arrêté avait été suspecté en 1997 mais relâché

Christian De Valkeneer, procureur en charge du dossier
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Christian De Valkeneer, procureur en charge du dossier - © Tous droits réservés

Un mandat d'arrêt a été décerné dans le cadre du dossier des Tueurs du Brabant, 30 ans après les faits ont annoncé le procureur du Roi de Charleroi, Pierre Magnien, le procureur général de Liège, Christian De Valkeneer (en charge du dossier) et lgnacio de la Serna, procureur de Mons lors d'une conférence de presse au Palais de Justice de Charleroi ce vendredi. L'homme arrêté avait été suspecté en 1997, sur base d'un portrait robot, mais relâché faute de preuves à l'époque.

C'est le procureur du Roi de Charleroi, Pierre Magnien, qui a convoqué ce vendredi soir une conférence de presse pour annoncer le placement sous mandat d'arrêt par la juge d’instruction Martine Michel d'un suspect dans le dossier des Tueries du Brabant wallon. L'intéressé, arrêté lundi dernier, a vu son mandat confirmé ce vendredi par la chambre du conseil de Charleroi. On ignore pour l'instant son degré d'implication. Il s'agit d'un gangster connu de la Justice et âgé d'une septantaine d'années.

L’homme mis son mandat d’arrêt est suspecté sur base d'indices "suffisants" mais les investigations vont se poursuivre et il faudra attendre pour vérifier si celles-ci vont confirmer ou infirmer lesdits indices. Une analyse ADN va notamment être effectuée ainsi qu'une expertise psychiatrique.

Arrêté en 1997 mais relâché

Cet homme aurait fait des confidences et confirmé avoir participé aux tueries du Brabant. Il n’est cependant pas passé aux aveux contrairement à ce que Sudpresse avait annoncé.

Suite à la diffusion d'un portrait robot en 1997, l'homme avait été identifié par trois personnes différentes mais des tests ADN n'avaient rien donné. Récemment, un ressortissant français avait affirmé qu'un homme lui avait avoué avoir participé aux tueries. Il s'est avéré qu'il s'agissait justement du même individu que celui identifié en 1997.

La personne arrêtée est inculpée de neuf chefs d’accusation, dont celui de meurtre. Il était déjà connu de la Justice belge. Il nie les faits qui lui sont reprochés.

Un moment "important" mais pas encore "décisif"

Selon le procureur général de Liège, Christian de Valkeneer cette arrestation n'a aucun lien avec les fouilles menées actuellement sur un ancien site minier d'Hornu. Pour rappel, Depuis mars dernier, les enquêteurs effectuaient des fouilles sur l'ancien site minier de Hornu, à Escouffiaux, à la recherche d'une épave de voiture et d'un cadavre d'un probable membre de la bande.

Christian De Valkeneer a parlé d'un "moment important dans l’enquête". "Mais décisif? Je ne sais pas le dire", a-t-il ajouté.

 

28 personnes tuées entre 1982 et 1985

Les tueurs du Brabant avaient traumatisé la Belgique dans les années 80. Des braquages particulièrement violents avaient entraîné la mort de 28 personnes notamment dans des Delhaize entre les années 1982 et 1985.

Les tueurs n'ont jamais pu être identifiés et l’affaire allait donc bientôt être prescrite (puisque le délai de prescription est de trente ans après la dernière attaque, il sera dépassé en novembre 2015).

 

Archive du 19 avril 2014: Le procureur Christian De Valkeneer plaide pour un allongement du délai de prescription

Les familles de victimes avaient demandé aux députés de voter une prolongation du délai de prescription avant que l'affaire soit prescrite. Le procureur général en charge du dossier, Christian De Valkeneer, avait lui aussi proposé d'étendre la prescription à 40 ans.

"Il faut démontrer que tout a été fait pour démasquer [les tueurs]. Ce n'est pas encore le cas aujourd'hui. Les évolutions de l'enquête génèrent de vraies sources d'espoirs", expliquait Christian De Valkeneer en avril dernier.

Aujourd'hui les familles ont accueilli positivement l'annonce de l'arrestation. Patricia Finné, fille d’une des victimes, a déclaré dans notre JT qu’elle "ne s’y attendait pas du tout". Elle a confié être "heureuse" mais encore sous le "choc émotionnel".

 

Julien Vlassenbroek

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