Commotion, peau brûlée, fracture... Les accidents en trottinettes électriques se multiplient

Irfan Nayani (37 ans) est tombé avec sa trottinette électrique début juin. L’accident s’est produit sur une ligne droite qu’il emprunte presque tous les jours, à peine à 800 mètres de chez lui. Les conséquences de cette chute sont lourdes : une commotion cérébrale, la peau brûlée, les genoux et les mains ouverts, le sinus abîmé. S’il ne comprend pas les causes de sa chute, il ne portait toutefois pas de protections.

Et c’est pour sensibiliser les autres utilisateurs sur la nécessité de porter un casque et des genouillères qu’Irfan a décidé de poster des photos de ses blessures impressionnantes sur ses réseaux sociaux.

Des accidents fréquents

Le service des urgences de l’hôpital Saint-Pierre à Bruxelles connaît bien ces cas. Depuis des semaines, ce service compte en moyenne 10 accidentés en trottinette électrique par semaine. Dans 90% des chutes, l’usager tombe seul sans l’intervention d’un tiers. Le service d’urgence constate aussi bien des blessures légères que graves : contusion, fractures, luxation, trauma crânien, etc. Dans 10% des cas, il faut opérer des patients et certains doivent rester en soins intensifs.

Beaucoup de gens ne se rendent pas compte que la trottinette électrique peut entraîner des conséquences graves.” précise le docteur Pierre Youatou Towo du service des urgences.

Dans 40%, la tête est touchée mais moins de 2,5% des patients portaient un casque. Pourtant, il réduit considérablement les risques de lésions graves ou mortelles.

L’alcool joue également un rôle majeur. 34% des blessés arrivent aux urgences sous influence de l’alcool. Comme tout véhicule, le taux maximum d’alcool autorisé dans le sang est de 0,5 gr/l.

La proportion d’accidentés est plus grande en soirée : l’'hôpital compte en effet 55% des cas entre 20h et 8h du matin. Par ailleurs, les blessures sont systématiquement plus graves la nuit.

Moins stable que le vélo

Aux urgences, les accidents en trottinette sont deux fois plus nombreux que ceux à vélo. "Un véhicule à deux roues est par essence instable, c’est nous qui en manipulant le guidon qui assurent la stabilité" précise Olivier Verlinden, responsable du service de mécanique rationnelle (UMons).

"Différents éléments de la trottinette sont moins favorables à une stabilité, presque naturelle, comme celle du vélo classique. Par exemple : la distance entre les roues est plus courte, le guidon est plus petit et les petites roues ne permettent pas de franchir aisément les obstacles comme des pavés.

La trottinette électrique est donc un moyen de transport à part entière. Ses spécificités doivent être prises en compte pour assurer un trajet en toute sécurité. Il est important de maîtriser sa vitesse, connaître son moyen de transport et respecter le code de la route.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK