Trop peu d'inscrits au registre national sur le don d'organes

Seriez-vous prêts à donner vos organes quand la mort vous emporte ? Cette question, on se la pose trop rarement. Elle est pourtant essentielle. Aujourd'hui encore des hommes, des femmes et des enfants meurent, faute d'avoir pu être transplantés à temps. Un simple document administratif permet pourtant de se prononcer sur la question et d'éviter à ses proches de devoir faire un choix douloureux.

En 10 ans, le nombre de personnes se déclarant explicitement donneur d'organes a augmenté. Il est passé de 33 003 en 2005 à 221 384 à ce jour. Mais la démarche reste marginale. Depuis près de 30 ans, les citoyens peuvent se rendre dans leur administration communale pour se prononcer sur leur volonté ou leur refus de faire dons de leurs organes. A l'heure actuelle, seul environ 4,5 % des belges a fait une déclaration à la commune.

Qui ne dit mot, consent

Selon la loi "qui ne dit mot, consent" : qui ne se prononce pas, est potentiellement donneur. Dans 2 cas, le prélèvement d'organes n'aura pas lieu. "Lorsque l’on apprend par les proches qu’une personne a dit oralement qu’elle ne voulait pas être donneur d’organes. Deuxièmement, si une personne se rend à l’administration communale pour signaler son refus, son choix apparaîtra au registre national au même titre que le consentement" explique Valérie Luppens, agent administratif à Marcinelle.

Une démarche essentielle

La question du don d’organes ne se pose pas lorsqu’une personne est inscrite au registre national. Ce document facile le travail des médecins. D'autant plus qu'il faut intervenir rapidement. Les organes se détériorent à chaque heure qui passe. "Les plus grandes difficultés auxquelles nous sommes confrontées concernent l’absence d’information. Nous gagnons beaucoup de temps quand les familles sont informées" dit Patrick Biston, le chef du service des urgences de l’Hôpital civil Marie Curie.

En 2015, la question du don d'organes reste encore tabou pour certains. "Les gens pensent que ce n’est pas pour eux, que cela n’arrivera pas. La question que l’on peut se poser c’est : est-ce que l’on ne donnerait pas en sachant que l’on accepte une transplantation ?" se demande Anne Joosten, infirmière au service de coordination du don d’organes de l’Hôpital civil Marie Curie. La demande d'organes, reste plus importante que l'offre. Le nombre de personnes en attente d'une transplantation se chiffrait à 1276 en septembre 2015.

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