Trop de détenues à la prison modèle de Marche-en-Famenne

La prison modèle de Marche-en-Famenne légèrement surpeuplée
La prison modèle de Marche-en-Famenne légèrement surpeuplée - © Tous droits réservés

Depuis sa conception, les autorités l'ont présentée comme une prison modèle: la prison de Marche-en-Famenne, avec son régime semi-ouvert qui laisse respirer les détenus et calme les tensions communes au milieu carcéral. De l'extérieur pourtant, c'est un vrai bunker qui sort de terre, au beau milieu d'une vaste plaine. En août dernier, nous avions croisé une maman de détenu en train d'ouvrir la lourde porte de la prison. "En tant que mère, je trouve qu'ils sont mieux ici qu'à Lantin. Rien qu'à l'accueil ici, on a le sourire du gardien. A Lantin, on rentrait comme des troupeaux, ici pas: on arrive, on va à la visite, c'est tout. Ils ont chacun leur cellule et c'est plus ouvert ici". 

Cette vision était d'ailleurs partagée à l'époque de l'autre côté, par les agents pénitentiaires. "Je côtoie pas mal de détenus ici que j'ai côtoyés auparavant dans d'autres établissements, nous expliquait Didier Leroy. Ils sont très différents ici. Les relations étaient parfois tendues dans d'autres établissements alors qu'ici, les détenus viennent me saluer et sont respectueux".

Certains agents craignent que ce tableau se détériore à l'avenir.

Surpopulation ou pas?

La prison a une capacité de 311 détenus, et la direction nous confirme que le nombre de détenus se rapproche de ce chiffre. A y regarder de plus près, on constate pourtant une surpopulation dans une petite partie de la prison: le quartier des femmes. "Les derniers chiffres qu'on m'a communiqués font état de 17 détenues pour onze places", nous explique Kevin Jonniaux, délégué CGSP à la prison de Marche-en-Famenne. Des matelas ont dû être ajoutés à même le sol. En fin de semaine dernière, une altercation éclate entre détenues et une agent pénitentiaire se retrouve seule pour gérer la situation. "L'autre agent avait escorté les détenues vers les diverses activités de Marche-en-Famenne. Normalement, il devrait y avoir des agents de circulation prévus à cet effet pour éviter que l'agent du quartier femme ne doive quitter son poste, mais on manquait de personnel". Dans ces circonstances, les renforts auraient dû venir de l'espace réservé aux visites. "Mais là aussi ils étaient en sous-effectifs. On a donc fait appel à des agents situés bien plus loin dans la prison et ça fait perdre un temps précieux pour l'intervention. Parfois ce sont ces quelques secondes qui changent la donne".

"Une surpopulation extrêmement passagère"

Si la direction partage l'inquiétude face au non-remplacement du personnel, elle relativise toutefois l'altercation de la semaine dernière, ainsi que la surpopulation du quartier des femmes.  "Nous sommes aussi une maison d'arrêt pour femmes, ce qui n'était pas prévu à l'origine. Nous ne contrôlons donc pas ces flux-là. C'est cela qui entraîne de temps en temps un dépassement de la capacité. Mais cette mini-surpopulation est extrêmement passagère".

Passagère ou pas, cette surpopulation locale intervient dans un contexte qui inquiète déjà les syndicats: dans le cadre d'un vaste plan de "rationalisation", des économies vont se concrétiser d'ici peu dans les prisons.

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