Trop de comportements dangereux et "assumés" aux abords des voies selon Infrabel

Infrabel tenait une conférence de presse pour lancer sa campagne "Railspect". Une étude concernant le comportement des gens sur le domaine ferroviaire met en évidence des résultats "inquiétants" pour le gestionnaire du réseau.

Des chiffres qui interpellent, qui font même peur pour Infrabel. Une étude approfondie révèle que 46% des personnes interrogées ont "ignoré les règles de circulation aux passages à niveau lors des six derniers mois et 14% des participants ont circulé illégalement sur des voies ferrées au cours de la même période". L'analyse montré également que "sans risque", 55% des répondants circuleraient de façon illégale sur le voies ou encore 77% d'entre eux ignoreraient les règles en vigueur au niveau des passages à niveau. Des chiffres qui mettent en relief la gravité du problème, surtout après le décès d'un jeune garçon le mardi 19 mars au passage à niveau de Jambes (Namur). Selon les éléments révélés par l'enquête, la victime a ignoré les feux, pourtant rouges, et la barrière de sécurité baissée.

"Un problème de Société"

Selon l'enquête, ces personnes qui "n'ont aucune inhibition à adopter ce genre de comportements font partie d'un "groupe à risque". "Incompréhensible" selon Infrabel, surtout en se penchant sur les chiffres annuels de 2018: 13 personnes tuées, 9 grièvement blessées alors qu'elles circulaient sur les voies ou dans un accident à un passage à niveau mais aussi 8 heures de retard par jour engendrées sur le trafic.

Et dans ces "groupes à risque", une nouvelle donne pour les passages à niveau notamment, la distraction générée par les smartphones et leur utilisateur absorbé par l'écran: "L'étude montre que beaucoup de jeunes ne sont pas suffisamment vigilants à un passage à niveau (...), on les appelle les "smartphone zombies"." Au niveau de la circulation sur les voies, strictement interdites, l'étude démontre que 23% d'entre eux "ne trouvent pas leur comportement dangereux ou pensent pouvoir évaluer correctement les risques ou agiraient sous l'influence des autres". Il s'agit principalement de demandeurs d'emplois ou étudiants sans distinction de genre.

Campagnes et mesures préventives

Un peu moins d'un quart des personnes interrogées se disent sensibles aux campagnes de prévention. Dans cette optique, Infrabel, soutenu par Securail, la police des chemins de fer et le gouvernement lance "Railspect". L'objectif, c'est moins d'intrus sur les voies et moins d'accidents aux passages à niveau.

Les mesures préventives restent également à l'honneur. Des panneaux d'avertissements "blocking back" vont voir le jour: "Il s'agit de panneaux d’avertissement qui rappellent aux conducteurs de véhicules routiers qu’ils ne sont pas autorisés à s’engager sur le passage à niveau s'il existe un risque d’y rester bloqué". 

Un véhicule ne respectant pas ce principe risque donc d'être pris au piège. Ces panneaux prendront place à 18 passages à niveau dont 8 en Wallonie et  un deuxième projet pilote sera mené. Il vise à "augmenter la visibilité de ses passages à niveau en équipant les barrières d’un éclairage LED".

Répression pour les récalcitrants

Enfin Infrabel annonce des mesures répressives pour les personnes ne respecant pas les règles considérant certaines personnes comme "inguérissables". L’objectif est dès lors d’augmenter le nombre de contrôles  réalisés par la police des chemins de fer et Securail: "Dans un premier temps, la police des chemins de fer effectuera des actions aux différents points sensibles du domaine ferroviaire belge. Un dernier avertissement, avant de passer à la répression"

Chaque année, Infrable insiste sur les risques liés au non-respect des règles de ciculation sur les passages à niveau et l'illégalité liée au fait de marcher sur et à proximité directe des voies. Infrabel travaille aussi à la disparition de certains passages à niveau lorsque la situation le permet.