Trop de bois illégal, la Belgique pointée du doigt par l'Union Européenne

Le bois exotique venu du Brésil, du Congo ou du Cameroun est-il toujours légal ? Par certain si l'on en croit Greenpeace. Sur la base d’une de leur plainte, la Commission européenne a ouvert une procédure contre la Belgique pour violation du droit européen. La raison : notre pays est trop laxiste dans sa lutte contre le bois illégal.

Le port d'Anvers. C'est la porte d'entrée pour la majorité du bois importé par les européens. Le problème, c'est que le port serait devenu une véritable plaque tournante du bois illégal. Armand Stockmans est l'un des plus gros importateurs belges de bois. Et s'il dit avoir toujours respecté les règles, il sait que certains concurrents n'hésitent pas importer illégalement : "C’est difficile de vous donner des noms. Mais je connais le milieu."    

Pour Sebastien Snoeck, expert forêts chez Greenpeace Belgique, au Congo, au Cameroun ou au Brésil, la corruption est courante. Et le trafic facilité : "Un exemple très concret de fraude, c’est de surévaluer des volumes de bois. Il y a souvent des espèces qui valent beaucoup d’argent. Il n’y a que quelques arbres sur la parcelle. On va donc gonfler un inventaire. Cet inventaire va être ensuite validé par les autorités, parfois après corruption. Et puis, une fois qu’on a ces crédits pour couper les arbres. En allant les chercher dans des territoires indigènes ou dans des réserves protégées."

Des mouchards GPS pour suivre le bois

Ce trafic illégal, Greenpeace le dénonce depuis des années. L'ONG a même été jusqu'à fixer des Mouchards GPS. Objectif ? Identifier la route des camions. Conclusion : ils s'arrêtent dans des zones illégales, les bois sont mélangés et envoyés chez différents opérateurs belges mais pas seulement. "La Belgique est un importateur clé et est le troisième importateur au bois au niveau mondial pour celui du Brésil et du Cameroun Dans ces deux pays, le taux d’illégalité est de 30 à 50%. En Belgique, on a seulement un fonctionnaire à mi-temps qui a opéré des contrôles seul, pendant cinq ans. Il envoyait un petit mail deux semaines à l’avance en indiquant qu’il allait venir. Et il n’effectuait des contrôles que sur deux seuls lots." déplore Sebastien Snoeck.

Procédure de l’Union Européenne contre la Belgique

D'ailleurs, la Commission européenne a ouvert une procédure contre la Belgique pour violation du droit européen. De son côté, la ministre de l’environnement et du développement durable se défend : "J’ai demandé au gouvernement fédéral d’étoffer de manière considérable le nombre d’inspecteurs qui surveillent à Anvers, par exemple, les arrivages qui se font à cet endroit. Et faire en sorte que l’on détecte les livraisons qui ne seraient pas conformes." Pour Armand Stockmans, si des problèmes peuvent exister au port d'Anvers, les plus grandes illégalités sont commises par les pays asiatiques : "Les Asiatiques n’ont pas besoin des documents. Il n’y a pas chez eux de contrôles. Ils ne les demandent donc pas."

Selon Interpol et les Nations Unies, ce trafic représente un marché évalué entre 50 et 150 milliards d'euros. C'est le deuxième marché du crime le plus important au monde derrière le trafic de drogue.

 

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