Trop d'antibiotiques dans les élevages: attention danger

L’étude part de ce constat: l’humanité consomme de plus en plus de viande. "La consommation de viande va augmenter dans les pays qui sont en transition, où les gens s’enrichissent, explique Marius Gilbert, co-auteur de l'étude. Quand ils s’enrichissent, ils vont avoir tendance à consommer par personne une quantité de protéines animales plus importante".

Pour répondre à cette demande, il faut pouvoir soigner les animaux quand ils sont malades. Mais dans certains pays, les antibiotiques sont aussi utilisés pour avoir des bêtes plus imposantes, et qui donnent plus de viande.

D’ici 2030, la consommation globale d’antibiotiques dans les élevages pourrait augmenter de 65%. Dans les pays émergents, elle pourrait même doubler d’ici 15 ans. "Plus on utilise des antibiotiques dans les élevages, plus on prend des risques sur l’apparition et l’émergence de bactéries qui sont résistantes par rapport à toute une série de classes d’antibiotiques qui sont par ailleurs utilisés en médecine", fait remarquer le chercheur. Il est très rare que ces bactéries multirésistantes passent de l’animal à l’homme. Mais le risque existe, et pourrait être mondial. "On est dans un monde globalisé, donc quand on a un pathogène qui émerge dans une certaine région du globe, il ne faut pas tellement longtemps pour qu’on le retrouve dans une autre région".

Autre crainte du côté des petits éleveurs des pays en développement: ils utilisent peu d’antibiotiques, mais si ces derniers perdent de leur efficacité, c’est leur principale source de revenus qui est menacée.

La Fédération wallonne de l'Agriculture a réagi aux conclusions de cette étude. Elle note un net recul de la consommation d'antibiotiques dans l'élevage belge: beaucoup d'éleveurs ont abandonné les mauvaises pratiques, affirme-t-elle, contrairement aux pratiques qui existeraient dans certains pays émergents, comme le Brésil, la Chine ou l'Afrique du Sud.

W. F., avec B Schaal

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