Trois fois moins d'adoptions internationales qu'il y a dix ans

Soixante-deux enfants venant de l'étranger ont été adoptés en Fédération Wallonie-Bruxelles en 2017.
Soixante-deux enfants venant de l'étranger ont été adoptés en Fédération Wallonie-Bruxelles en 2017. - © BERTRAND GUAY - AFP

Ils sont nés en Thaïlande, au Maroc ou encore en Colombie. Soixante-deux enfants venant de l'étranger ont été adoptés en Fédération Wallonie-Bruxelles en 2017. C'est trois fois moins qu'il y a dix ans. Une tendance à la baisse qui existe depuis de nombreuses années. Une tendance identique en Flandre et dans les pays voisins. Il y a différentes raisons à cette diminution. Il y a quelques candidats adoptants qui jettent l'éponge. Quelques-uns abandonnent en cours de procédure. Notamment parce que ça ressemble à un parcours du combattant.

Il y a un an, Christophe et son épouse ont lancé une demande d'adoption internationale. Ils savaient que la procédure était contraignante mais ils avouent: "C'est rude... Tant au niveau financier, il faut sortir beaucoup d'argent. Il y a aussi l'enquête psycho-sociale, c'est quand même une intrusion dans votre vie, les questions des psy vont assez loin. Après au niveau administratif, c'est long aussi mais là, nous sommes guidés par les associations qui collaborent avec les pays d'origine. C'est vrai que c'est très très long et, nous ne savons pas vraiment où nous allons. Nous devrons encore attendre quelques années, nous avons été prévenus".

D'autres raisons sont avancées pour cette diminution des adoptions internationales. Elles concernent les pays d'origine : certains ont changé de politique, il y a un moratoire sur les adoptions internationales, comme c'est le cas en Ethiopie, ou encore un changement socio-économique comme en Chine. 

"Des pays d'origine se portent mieux", explique Didier Dehou, responsable de la Direction de l'adoption en Fédération Wallonie-Bruxelles. "Deux incidences: moins d'abandons d'enfants, la pauvreté est l'un des premiers facteurs de l'abandon et puis, la constitution d'une classe moyenne qui est à même d'adopter certains enfants au niveau national".

Meilleure protection de l'enfant

La législation est aussi plus stricte dans beaucoup de pays d'origine. Il y a une meilleure protection de l'enfant. Ces pays cherchent d'abord une solution au sein de leurs frontières. Cela a un impact chez nous : il y a moins d'enfants à adopter et quand il y a des candidats à l'adoption, ils sont plus âgés. Leur profil change aussi. "La situation de santé, le parcours de vie à tendance à être plus complexe qu'auparavant", ajoute Didier Dehou. "Les pays d'origine ne sont plus les mêmes qu'il y a dix ans aussi. Il y a dix ans, les adoptions provenaient surtout de l'Asie du Sud Est, l'Amérique latine, les Pays d'Europe de l'Est. Aujourd'hui, nous adoptons encore en Asie et en Russie mais nous adoptons surtout dans les pays africains".

En 2017, la Thaïlande et le Maroc sont les deux pays qui ont confié le plus d'enfants à l'adoption en Fédération Wallonie-Bruxelles. Viennent ensuite l'Afrique du Sud, la Colombie, l'Inde et les Philippines.

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