Trois euro-députées arrêtées à Kleine Brogel pour une action contre les bombes nucléaires qui y sont entreposées

Trois députées européennes opposées à la présence de bombes nucléaires étasuniennes sur la base militaire de Kleine Brogel, ont été arrêtées ce matin sur le site. Elles ont tenté de bloquer la piste de décollage des F-16, une action symbolique de désobéissance civile menée avec l'ONG "Agir pour la paix". 

Elles sont trois : Michèle Rivasi (France), Molly Scott Cato (Royaume-Uni) et Tilly Metz (Luxembourg) à avoir tenté ce matin d'accéder à la base militaire de Kleine Brogel, dans le Limbourg. Elles étaient accompagnées par quatre militants pacifistes d'Agir pour la paix.

Ils se sont introduits à 8h15. Ils ont été arrêtés à 8h25. Le dispositif sécuritaire est impressionnant, a constaté notre journaliste sur place : "À l'intérieur, juste derrière les barrières, une dizaine de blindés circulaient pour trouver les intrus. À l'extérieur, juste en face, la police était aussi très mobilisée", raconte Maxime Binet.

Pourquoi cette action ?

Les trois femmes politiques veulent dénoncer la présence d'armes nucléaires étasuniennes sur le sol européen: "Il est en effet essentiel que ces bombes nucléaires quittent la Belgique (et l’Europe) pour un départ sans retour", clament-elles.

À quelques mois des élections européennes, ces militantes veulent voir l'Union européenne prendre ses responsabilités pour établir des zones exemptes d'armes nucléaires sur le sol européen. 

Pour "Agir pour la paix", la Belgique doit aussi se positionner : "Le Traité d’Interdiction sur les armes nucléaires (T.I.A.N) a été adopté à l’O.N.U. le 7 juillet 2017 grâce à l’approbation de 122 états. La Belgique s’est abstenue. Actuellement signé par 70 états et ratifiés par 21 ce traité contraint chaque état à choisir son camp. Nous ne comprendrions pas que la Belgique opte pour un autre choix que celui de la sécurité et donc du désarmement nucléaire, à l’heure où elle siège au Conseil de sécurité des Nations unies."

Sarah Reader, porte-parole d’Agir pour la Paix ajoute : "À ce jour, aucun état ni aucune organisation internationale n’a les moyens médicaux, humains et logistiques qui permettraient de gérer les conséquences humanitaires et environnementales d’une détonation nucléaire. C’est pourquoi il est essentiel que la Belgique montre l’exemple en joignant les gestes à la parole et oeuvre concrètement au désarmement nucléaire."

La Belgique, moteur européen ? 

"Autant en matière d’interdiction des mines anti-personnel (1995) que d’interdiction des armes à sous-munitions (2006), la Belgique a joué un rôle de leadership incontestable et mondialement reconnu. Premier pays à les avoir interdit sur son sol, elle a donné l’impulsion à un mouvement plus global de l’interdiction de ces armes des plus inhumaines", explique "Agir pour la paix" dans un communiqué. 

L'ONG attend aujourd'hui de la Belgique qu'elle joue un rôle similaire et précurseur: "Nous attendons du gouvernement belge qu’il reprenne ce rôle de leader au niveau européen afin que de créer une zone exempte d’armes nucléaires en Europe."

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