Tricherie antipollution : selon Greenpeace, des "astuces comptables" masquent la faible diminution des émissions réelles de CO2

Des "astuces de comptabilité en termes de CO2" permettent aux constructeurs automobiles allemands Volkswagen, Daimler et BMW de masquer le fait que les émissions moyennes réelles de leurs nouveaux véhicules n'ont pas tant diminué, déplore Greenpeace après une analyse réalisée par sa branche allemande.

Selon cette analyse, "Le conte du progrès climatique", citée dans un communiqué diffusé vendredi, il ressort qu'en définitive la diminution des émissions moyennes réelles de CO2 par les nouveaux modèles de voitures Volkswagen, Daimler et BMW a été négligeable au cours de 14 dernière années. Greenpeace Allemagne a calculé que celles-ci n'ont diminué d'à peine 9% pour Daimler, 15% pour Volkswagen, et 18% pour BMW.

L'étude a calculé par exemple que pour Volkswagen, pourtant déjà concerné par le scandale des moteurs diesel truqués, 45 millions de tonnes d'émissions de CO2 supplémentaires ont été émises pour environ 3 millions de voitures VW vendues dans l'Union européenne en 2020.

"Les trois plus grands constructeurs automobiles allemands usent d'astuces de comptabilité pour dissimuler leur impact climatique. Sur papier, VW, Daimler et BMW prétendent protéger le climat, alors qu'en réalité leurs voitures sont presque aussi polluantes aujourd'hui qu'il y a 14 ans", déclare Elodie Mertz, experte Mobilité chez Greenpeace.

L'ONG de défense de l'environnement remet en cause à cet effet au moins cinq lacunes dans les normes européennes en matière de CO2 pour les voitures. Parmi celles-ci, Greenpeace cite le "facteur poids" qui favorise les constructeurs de voitures lourdes, les "super-crédits" qui offrent une pondération plus forte pour les véhicules électriques, des "éco-innovations" au rôle pourtant limité et surtout des chiffres de consommation de carburant irréalistes.

"La revendication de 95 grammes (de CO2/km autorisé, NDLR) s'avère être une valeur purement fictive. Elle n'a rien à voir avec les émissions réelles de CO2 des des voitures neuves. (...) En profitant des lacunes dans la législation sur le CO2 et dans les règles de mesure au banc d'essai, la plupart des constructeurs ont réussi à atteindre les objectifs européens sans réduire de manière significative la consommation réelle de carburant de leurs voitures à des niveaux inférieurs à ceux des années 2000. Ce n'est pas une 'ingénierie ingénieuse' qui a rendu cette cette réduction magique du CO2, mais un lobbying acharné", rend compte l'analyse.

Le lobby automobile allemand en particulier a "systématiquement affaibli les normes européennes de CO2 au fil des ans", déplore l'ONG.

Greenpeace appelle une nouvelle fois à l'évidence de "passer le plus rapidement possible à des véhicules qui ne consomment pas d'énergie fossile". Une date butoir pour la vente de voitures et camionnettes à moteur à combustion devrait être établie à l'horizon 2028 au plus tard, préconise Greenpeace.

Les normes européennes d'émissions de CO2 doivent être révisées d'ici le mois de juin par la Commission européenne qui devrait formuler un calendrier pour l'interdiction de ce type de véhicules dans l'UE.


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