Le premier syndicat pour et par les travailleurs du sexe

Des militants et travailleurs du sexe ont créé le collectif de l'Union des Travailleurs Sexuels Organisés pour l'Indépendance (UTSOPI). Une sorte de syndicat à travers lequel ils revendiquent une officialisation de la prostitution et une protection de ses travailleurs.

L'objectif est d'obtenir "une reconnaissance sociale, d'être reconnus en tant que personne, en tant qu'individu et en tant que travailleur sexuel", souligne Maxime Maes, membre du collectif.

Un collectif, un de plus pour le milieu des travailleurs du sexe dans lequel agissent déjà quantité d'associations. Malgré tout, "ce n'est pas assez" et la représentativité n'est pas la même: "Il y a une nécessité pour nous de parler en notre nom. Les associations ne parlent pas pour les travailleurs du sexe. C'est important qu'on entende notre voix. Nous faisons partie des seuls secteurs où on parle constamment sans nous, nous ne sommes pas liés aux processus de décision, et nous voulons être liés à toute décision qui pourrait être prise nous concernant".

"Nos revenus sont reconnus, pas notre métier"

La reconnaissance en tant que travailleurs du sexe implique pour ces derniers d'avoir les mêmes droits, mais aussi les mêmes obligations que tout autre travailleur de Belgique. Maxime Maes pointe à ce propos un paradoxe : les prostitué(e)s ont déjà "quasiment les mêmes obligations" – ils ou elles paient des impôts – sans pour autant avoir accès aux mêmes droits (retraite, protection sociale, protection juridique…). "Nos revenus sont reconnus, pas notre métier."

Ce combat implique également d'assumer voire de revendiquer officiellement le statut de travailleur du sexe. Pourtant, la réalité du secteur de la prostitution est telle que peu d'entre eux le reconnaissent publiquement. "La plupart ne peuvent pas se montrer, mais cela est dû à la stigmatisation autour de la prostitution, répond le représentant de l'UTSOPI. Nous sommes dans un système où on ne peut pas dire que nous sommes travailleurs du sexe en fait. Ce n'est pas possible, du point de vue de nos propriétaires, de nos voisins, nos amis, notre famille… C'est une profession beaucoup trop stigmatisée."

Mais cette profession cache aussi souvent une réalité liée à la traite des êtres humains. Le collectif UTSOPI ne nie pas cette réalité, ni la violence qui en découle. Mais, en revendiquant des droits, il espère que les travailleurs du sexe pourront "soit exercer ce métier comme ils le veulent", soit "se défendre et avoir le système adéquat" pour ce faire.

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