Une adolescente se défenestre après sa plainte pour agression islamophobe

Erard Corbin de Mangoux, préfet des Yvelines (au centre) s'adresse à la presse le 20 juillet lors des épisodes de violences urbaines.
Erard Corbin de Mangoux, préfet des Yvelines (au centre) s'adresse à la presse le 20 juillet lors des épisodes de violences urbaines. - © FRED DUFOUR - IMAGEGLOBE

Grièvement blessée à la suite de cette défenestration, Aissetou, une adolescente de 16 ans, musulmane portant le voile, avait déclaré avoir été agressée à Trappes (France) le 12 août dernier. C’est sa deuxième tentative de suicide.

Ce drame intervient dans un contexte de violences qui agite Trappes, une commune de la préfecture des Yvelines, à 35 km à l’ouest de Paris. Tout a commencé en juillet quand le contrôle d’identité d’une femme de 20 ans, intégralement voilée (ce qui est interdit en France) avait dégénéré : son mari Mickaël, qui l’accompagnait, également converti à l’islam, s’était interposé face à des gestes et des propos des policiers qu’il avait considérés comme agressifs. Selon la police, il a à son tour tenté d’étrangler un policier et a été arrêté et placé en garde à vue.

Après ces incidents, de nombreuses personnes se sont rassemblées autour du commissariat et plusieurs jours de violences urbaines avec jets de pierres et multiples arrestations, s’en étaient suivis.

Agression islamophobe

C’est dans ces circonstances tendues qu’une nouvelle agression est intervenue le 12 août. Selon les déclarations de la victime (postées sur Huffington Post), seule source d’information puisqu’aucun témoin n’était présent, deux hommes "d’une vingtaine d’années, d’origine européenne et au crâne rasé" auraient abordé l'adolescente, en proférant des insultes islamophobes, en lui arrachant son voile, en lui portant un coup à l'épaule et en la jetant au sol. La jeune fille fait également mention d’un objet tranchant qui auraient servi à lui faire des scarifications au visage. Selon une source policière, il s’agissait toutefois de "griffures très superficielles". Les agresseurs auraient finalement été mis en fuite par l’arrivée d’un jeune homme à vélo.

Le lendemain, suite à cette agression, Aissetou a déposé plainte. Elle a ensuite fait une tentative de suicide aux barbituriques le 23 août. Trois jours plus tard, vers 19 h, elle tentait de se suicider en se jetant du 4e étage de son immeuble. Lundi soir son état était jugé préoccupant par les médecins des urgences de Percy, à Clamart, et elle devait être opérée mardi matin.

Patrick Bartholomé

 

 

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