Transferts interhospitaliers : vers une planification nationale ?

Le dernier bilan de la cellule de crise se veut plutôt rassurant : l’épidémie de coronavirus commencerait à ralentir chez nous. Aujourd’hui, plus de 4500 personnes sont hospitalisées. Mais les soins intensifs commencent à saturer par endroits. C’est le cas de certains hôpitaux bruxellois mais aussi dans le Hainaut. Les premiers transferts entre hôpitaux ont eu lieu hier. Mais d’après certains experts, cette répartition n’est pas efficace. Explications.

Un plan de répartition national

Mais que reproche-t-on à ces premiers transferts ? De fonctionner selon un principe géographique, comprenez vers des hôpitaux de la même région. Le hic, c’est que Mons et La Louvière par exemple sont confrontés à une même saturation. Il faudrait donc répartir les patients au niveau national. C’est en tout cas l’avis de Pierre Henin, le chef des soins intensifs des hôpitaux Jolimont à La Louvière et Nivelles. "Il serait utile d’avoir non plus une vision provinciale ou par bassins de soins mais une approche globale. Il s’agit dès maintenant de répartir la pression à l’échelle nationale pour que le niveau de patients évolue de la même manière partout. On pourrait ainsi laisser le temps aux gens de s’adapter, rehausser les digues en quelque sorte, de façon à éviter que la saturation ne fasse des dégâts dans une région alors qu’une autre a encore un peu de marge de manœuvre." D’autant qu’un patient COVID aux soins intensifs peut y rester jusqu’à 3 semaines, poursuit le médecin.

Réponse de la ministre De Block : pas pour le moment

De son côté, la ministre fédérale de la santé, Maggie de Block, temporise.
Tant qu’il n’y a pas saturation partout, ce sera la répartition classique. Par réseau hospitalier, puis via la province voisine et ensuite seulement des transferts vers d’autres provinces seront envisagés. Mais le cabinet affirme suivre l’évolution de la situation d’heure en heure.

Des places disponibles en province de Namur

En province de Namur, les hôpitaux ne sont pas encore saturés. Le CHU UCL Namur, notamment est disposé à accueillir des patients venus d’autres régions du pays. "Nous le faisons déjà" précise le professeur Maximilien Gourdin, directeur des activités académiques de l’hôpital universitaire. "Nous répondons déjà à l’appel de plusieurs institutions pour accueillir des patients du Hainaut, de la province de Luxembourg et du Brabant Wallon, pour venir en aide aux hôpitaux". Entre 10 et 20 patients venus d’autres régions sont déjà passés par le CHU UCL Namur et il reste encore un peu de place. "Nous avons 28 lits agréés en soins intensifs et notre dispositif de déploiement progressif nous permet de doubler ces places pour nous adapter à la situation". Le CHU UCL Namur doit tout de même veiller à ne pas se mettre lui-même en saturation en accueillant des patients venus d’autres provinces. Histoire de pouvoir toujours répondre à la demande locale de la province de Namur.

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