Tramadol: un antidouleur controversé dans le peloton cycliste

Tramadol: à la base des chutes dans le peloton ?
Tramadol: à la base des chutes dans le peloton ? - © RTBF

Les nombreuses chutes dans les pelotons cyclistes ne seraient pas seulement dues à la malchance. Depuis quelques jours, un nom circule: le Tramadol. Il s'agit d'un puissant analgésique. Le médicament est autorisé, bien que très controversé car il diminuerait les réflexes des coureurs.

Des chutes qui s'accumulent depuis le début de saison, ça n'a rien d'anormal dans le cyclisme. Par contre, ce qui est plus étonnant c'est que pour plusieurs médecins d'équipes, certaines chutes s'expliqueraient par un produit : le Tramadol.

Un antidouleur puissant, répandu dans le peloton, qui engendre de sérieux problèmes de concentration. Pour le docteur Jean Mathieu, médecin de l’équipe Lotto-Belisol, il s’agit d’un produit qui peut être dangereux: "La différence avec un Dafalgan, c'est qu'il agit localement alors que le Tramadol agit sur le système nerveux central, comme la morphine. En fait, c'est une molécule semblable à la morphine. Et ce qui est très bizarre, c'est qu'il n'est pas sur la liste des produits interdits."

Cocktail détonnant

Chez Lotto-Belisol, le produit n'est aujourd'hui plus utilisé. Par contre, certains coureurs seraient devenus dépendants de ce médicament. Pour Gilles Goetghebuer, rédacteur en chef du magazine "Sport et Vie", ce produit permettrait de s’entraîner, même blessé: "C’est un antidouleur. Ça permet de tenir le coup en fin de course quand on est fatigué. C’est la raison principale pour laquelle il est utilisé. Il a aussi un effet sur l’humeur car il est euphorisant. Il agit comme les antidépresseurs. Le souci, c’est qu’on doit être sevré quand on arrête d’en prendre."

Autre problème: il cause des nausées et des vertiges qui pourraient donc expliquer certaines chutes. Initialement destiné à traiter la douleur chronique, il a donc été détourné. Pour se retrouver dans les bidons des coureurs. A l'attaque hier dans le Tour des Flandres, l'américain Tyler Phinney dénonçait déjà il y a quelques mois, les pratiques de certains concurrents (sur le site www.velonation.com): "Il est courant que dans les derniers bidons de la course, on mélange de la caféine avec des antidouleurs dissous comme le Tramadol, le Paracétamol et le Tylénol."

Un cocktail détonnant. Mais toléré par l'UCI (l’Union Cycliste internationale), car encore aujourd'hui, le Tramadol est placé sur une liste des produits observés. Sans pour autant être interdit.

Quentin Warlop

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