Toutes les universités allemandes sont désormais gratuites

L'université de Leipzig, fondé en 1409.
L'université de Leipzig, fondé en 1409. - © Fl'r/Heribert Pohl

Le monde se partage entre deux concepts de l’université : l’un qui impose un minerval astronomique (essentiellement les pays anglo-saxons) et l’autre qui se contente de sommes symboliques par rapport au coût réel d’un étudiant universitaire pour la collectivité.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le minerval universitaire se limite à 835 €, ce que d’aucuns considèrent déjà comme une barrière à l’entrée pour les familles à revenus modestes. Des bourses peuvent toutefois rétablir l’équilibre : le minerval peut tomber à 0 ou se limiter à 374 € selon la situation familiale et fiscale.

Mais que dire alors du caractère sélectif des universités irlandaises et britanniques dont le ticket d’entrée s’élève respectivement jusqu’à 6000 et 9000 € chaque année ? Et des universités américaines dont le minerval se chiffre en dizaines de milliers de dollars ? Il n’est pas rare que les étudiants non fortunés doivent s’endetter pour une bonne partie de leur vie professionnelle afin de pouvoir terminer leur cursus universitaire. Cet endettement contribue à grever la situation économique des Etats-Unis.

Sous la barre des 1000 euros

En Europe, seuls le Luxembourg, la Belgique, l’Espagne, la France et l’Allemagne se limitent à des niveaux inférieurs à 1000 € par année d’étude. Et dans ce dernier pays, le montant est à présent égal à zéro. Dernier à appliquer la mesure, le Land de Basse-Saxe ouvre désormais les portes de ses universités gratuitement. Le pays de Goethe rejoint ainsi la Suède, la Norvège et le Danemark dans ce mouvement de démocratisation de l’accès au savoir.

Oxford et Cambridge pour les Happy few

Les défenseurs de cette mesure considèrent qu’offrir leurs études aux jeunes, c’est bâtir le futur du pays au lieu de reproduire les inégalités et d’empêcher la mobilité sociale, comme au Royaume-Uni. Dans ce pays, on assiste à une stratification sociale très nette des universités : Oxford et Cambridge pour l’élite socioéconomique d’une part, où elle se crée le réseau relationnel indispensable dans son milieu et les autres universités d’autre part. L’enseignement y est excellent également (à ce prix-là, c’est le minimum...), mais le capital social, culturel et symbolique qu’on peut y engranger est de moins de valeur.

Patrick Bartholomé

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK