Tout savoir la malaria : les réponses à cinq questions que vous vous posez

Le moustique se nourrit de sang
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Le moustique se nourrit de sang - © smuay - Getty Images/iStockphoto

Le décès causé par la malaria d’un couple de Kampenhout, en Flandre, remet cette maladie à la une des médias. Voici les réponses aux questions que vous pouvez vous poser à ce sujet.

1 Qu’est-ce que la malaria et comment attrape-t-on cette maladie ?

Le paludisme ou malaria est une maladie provoquée par un parasite qui est transmis à l’homme par des moustiques infectés. Les moustiques qui transmettent la malaria sont des anophèles femelles : il en existe plus de 400 espèces différentes, dont une trentaine sont des vecteurs très importants de la maladie. Les anophèles pondent leurs œufs dans l’eau (une mare, une flaque d’eau, un réservoir ou un baquet qui recueille les eaux de pluie). Ces œufs éclosent en larves qui deviendront des moustiques à l’âge adulte.

Ces moustiques se nourrissent de sang en piquant (principalement la nuit) des animaux ou des humains, et c’est à ce moment que le parasite qu’on appelle Plasmodium est transmis. Lorsqu’il pique, le moustique injecte de la salive qui empêche la coagulation du sang et, si le moustique infecté, il injecte aussi des sporozoïtes (des cellules infectantes) du Plasmodium. De la peau, ces parasites rejoignent le sang, puis le foie de la personne piquée. Et c’est là que le Plasmodium va se reproduire de façon asexuée : les cellules se multiplient par divisions cellulaires pendant 10 à 15 jours. Puis elles repassent dans le sang où elles vont envahir les globules rouges, qui vont finir par éclater, libérant d’autres parasites, accélérant leur prolifération. C’est l’éclatement brutal et simultané de nombreux globules rouges qui provoque les accès de fièvre du malade.

La destruction des globules rouges se traduit par une anémie du patient et, dans certains cas, cela provoque son décès suite à l’obstruction des vaisseaux sanguins du cerveau par les globules rouges infectés.

Le mot "paludisme" vient du latin "palus", qui veut dire "marais", puisque c’est le milieu qui favorise la prolifération des moustiques qui pondent leurs œufs dans l’eau et les milieux humides. Le mot "malaria" vient du latin "mala aria", qui signifie "mauvais air".

2 Quelles sont les régions du monde les plus frappées par la malaria ?

L’Organisation mondiale de la Santé estimait en 2018 qu’il y avait 228 millions de cas de malaria dans le monde. Le nombre total de décès imputables à la malaria était estimé à 405.000 en 2018. Ce sont les enfants qui paient le plus lourd tribut : plus de deux tiers des décès touchent des jeunes de moins de 5 ans. Près de la moitié de la population mondiale est exposée au risque d’attraper cette maladie. La plupart des cas de paludisme et de décès qui y sont dus surviennent en Afrique subsaharienne. Mais la malaria est aussi présente en Asie du Sud-Est, en Méditerranée orientale, dans la partie occidentale du Pacifique et en Amérique du Sud.

Graphisme : Claire Pineux

L’OMS craint que l’épidémie de coronavirus ait pour conséquence un doublement du nombre de décès de paludisme en 2020.


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Le moustique qui transporte le parasite ne se développe que là où la température extérieure est située entre 15° et 35°, l’optimum se situant à 25°. La transmission de la malaria est très réduite à une altitude qui dépasse 1000 mètres.

3 Comment peut-on se prémunir de la malaria ?

Pour prévenir la malaria, la première chose à faire c’est d’éviter de se faire piquer par un moustique vecteur du parasite. En matière de prévention l’OMS met en avant deux moyens : la distribution de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation d’insecticides à effet rémanent (qui reste efficace très longtemps) à l’intérieur des habitations. Par ailleurs, la maladie peut aussi être prévenue grâce à certains médicaments : les antipaludéens. Certains sont destinés aux voyageurs qui se rendent dans une zone à risque. D’autres sont utilisés pour traiter préventivement les femmes enceintes ou les nourrissons dans des zones à forte transmission. Malheureusement les parasites deviennent résistants à certains antipaludéens, notamment ceux dont l’usage s’était généralisé au cours des années 1950 et 1960. C’est le cas de la chloroquine, ce médicament qui a été parfois utilisé pour traiter les malades du coronavirus.

Les voyageurs qui se rendent dans des zones à risque peuvent utiliser aussi des moustiquaires et des produits qui repoussent les moustiques (insectifuges).

Différents vaccins sont développés par les firmes pharmaceutiques. Jusqu’à présent, selon l’OMS, le seul qui a "montré une efficacité pour réduire significativement le nombre des cas de paludisme, et de paludisme grave menaçant le pronostic vital, chez de jeunes enfants africains", est le RTS, S. Il est administré depuis au Ghana, au Kenya et au Malawi dans le cadre d’un programme pilote coordonné par l’OMS. Ce vaccin est produit par la firme GSK à Rixensart.

4 Peut-on guérir de la malaria ?

La réponse est oui, si la maladie est détectée et traitée rapidement. D’où l’importance d’un des tests de diagnostic. Lorsqu’un patient présente une fièvre suspecte, l’OMS recommande d’obtenir une confirmation parasitologique par examen microscopique. Pour obtenir une guérison complète, le traitement doit être administré dans les 24 heures qui suivent l’apparition de la fièvre.

Dans le cas d’un paludisme non compliqué, l’OMS recommande un traitement à base d’artémisinine. L’artemisia est une plante produite notamment à Madagascar, et qui a parfois été présentée comme un remède contre le coronavirus. La guérison complète n’est obtenue que lorsqu’il n’y a plus de cellules de Plamodium dans le sang du patient.

D’autres traitements existent pour les cas de paludisme grave.

5 Peut-on espérer éradiquer la malaria ?

L’OMS a défini une stratégie destinée à réduire les taux de mortalité et d’incidence de la malaria d’au moins 90% d’ici 2030. Une dizaine de pays sont parvenus ces dernières années à éliminer le paludisme.

Pour aller plus loin, l’OMS compte sur la distribution de moustiquaires imprégnées, sur la pulvérisation d’insecticides, sur la vaccination et sur le diagnostic et le traitement rapide des nouveaux cas.

Au Burkina Faso, un projet controversé consiste à lâcher des moustiques génétiquement modifiés dans la nature. L’idée est que ces moustiques rendus stériles feraient disparaître l’espèce, et donc la maladie. Cela bouleverserait la biodiversité.

Mais le réchauffement climatique pourrait avoir pour conséquence qu’il y ait davantage de régions chaudes et humides propices à la prolifération des moustiques vecteurs du paludisme.

Archives JT 25/04/2017: vaccin belge contre la malaria

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