Tous à la voiture électrique? Pas pour demain

Les voitures électriques, c'est l'avenir. Nous sommes nombreux à le penser mais si tout le monde décidait de rouler demain avec une voiture électrique, il n'est pas sûr que notre réseau d'électricité serait à même de le supporter.

Laurent conduit une Tesla depuis 5 ans alors qu’Olivier roule avec une i3 BMW depuis 18 mois. Leurs deux voitures cumulent 160.000 km au compteur. Tous les deux rechargent leur voiture à la maison. Il s’agit d’une prise classique et le temps de recharge totale, selon les batteries, varie de quatre à dix heures. Cependant, il existe aussi des "superchargeurs", plus rapides. A titre d’exemple, ceux du réseau Tesla permettent notamment de faire le plein en 40 minutes. Très pratique pour Laurent lorsqu’il décide de partir en vacances à l’étranger. Il a pu comparer son temps de parcours avec celui d’une voiture traditionnelle : il perd à peine une heure sur un parcours entre la Belgique et le Midi de la France.  

Premier handicap: le temps de recharge 

Avec 200 km d’autonomie, Olivier, lui, privilégie les déplacements urbains. Tous les deux n’ont pratiquement plus d'entretien de véhicule, ni d'achat de carburant. C’est ainsi qu’ils rentabilisent leur choix.

Mais que se passerait-il si nous passions tous demain à la voiture électrique? Les experts sont unanimes: notre réseau d'électricité serait engorgé. Ce que confirme Damien Ernst, spécialiste des réseaux électriques et professeur à l’ULiège : "Si tout le monde rentrait le soir et commençait à brancher son véhicule électrique, nous aurions de gros problèmes au niveau du réseau de basse tension".

Autrement dit, nous aurions une multiplication de blackouts dans certaines rues. Et pas seulement ça prévient Joeri Van Mierlo, professeur à la VUB et spécialiste en technologie de la mobilité : "Avec 10% de voiture électrique sur le marché, on doit produire seulement 2% d'électricité supplémentaire. Mais si en 2050, le parc de voiture est 100% électriques, nous devrons produire 20% d'électricité supplémentaire."

Deux centrales nucléaires supplémentaires?

Pour se faire une idée, 20 % d'électricité de plus à produire, c'est l'équivalent de deux centrales nucléaires supplémentaires ou encore 1200 éoliennes offshore, la superficie de 24.000 terrains de foot couverts de panneaux photovoltaïques. Un défi technologique et financier énorme. Il n’empêche, nos experts sont confiants pour l’avenir. Ils préconisent notamment une gestion intelligente des recharges de voitures électriques, comme l'explique  Damien Ernst: "Vous brancheriez simplement votre voiture le soir dans votre garage et automatiquement un ordinateur gérerait sa recharge afin qu’il n’y ait pas de problème d’approvisionnement en électricité sur le réseau électrique."

Dans le laboratoire de Joeri Van Mierlo à la VUB, les chercheurs mettent au point de nouveaux types de batteries plus légères. Elles stockent plus d'énergie et allègent la charge de la voiture.

Le tout à la voiture électrique, ce n’est pas pour demain mais les chercheurs et les gestionnaires de réseaux électriques y travaillent. Avec l’arrivée des énergies renouvelables, le véritable défi de demain sera de parvenir à les stocker en grandes quantité pour ensuite pouvoir les utiliser à des moments appropriés sans saturer nos réseaux électriques. 

>>>Lire aussi: La Belgique est-elle prête pour la voiture électrique?

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