Tournée minérale : la quatrième édition s’ouvre bientôt, et cible désormais la consommation d’alcool en groupe

En Belgique, février rime avec sobriété. Pour la quatrième année de suite, la Fondation contre le Cancer organise l’opération Tournée minérale : un mois sans alcool, pour sensibiliser sur les dangers de la boisson pour le corps. Selon la Fondation, un Belge sur cinq y participe chaque année. En 2020, la Fondation mise sur l’esprit d’équipe : se regrouper pour (ne pas) boire un petit verre ensemble entre amis, collègues ou camarades. "Nous avons constaté que la consommation d’alcool se fait souvent en groupe, en réunion", explique le docteur Didier Vander Steichel, le directeur général de la Fondation.


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Comme chaque année, l’idée est de traquer les petites habitudes : verre de vin à table, bière en soirée avec des amis… "Cela doit permettre de dire plus facilement non, de rendre cette attitude plus acceptable en société, précise le docteur Vander Steichel. Aujourd’hui, après trois ans, nous remarquons que ce refus passe beaucoup mieux." De son côté, le secteur de l’Horeca a adapté son offre de boisson pour penser aux personnes abstèmes, c’est-à-dire qui ne boivent pas d’alcool.

La plupart des gens boivent beaucoup plus d’alcool qu’ils l’imaginent

L’opération Tournée minérale a pour but de faire prendre conscience aux participants du lien entre l’alcool et le risque de cancer notamment : "il est clairement établi que la consommation d’alcool augmente le risque de différents cancers, comme le cancer de la bouche, le cancer de la gorge et du larynx, le cancer de l’œsophage, le cancer du foie, le cancer du gros intestin, le cancer du sein et le cancer de l’estomac", liste Justine Hallaux, experte en nutrition et santé publique à la Fondation. Mais au-delà de ce constat, il s’agit également de prendre conscience de sa consommation personnelle. "La plupart des gens boivent beaucoup plus d’alcool qu’ils l’imaginent, assure le docteur Vander Steichel. La Tournée minérale a aussi pour but de les aider à mieux gérer leur consommation sur le long terme."


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Pour autant, arrêter l’alcool du jour au lendemain, n’est-ce pas risqué ? La Fondation précise que les personnes dépendantes à l’alcool ne sont pas du tout le public-cible. "Nous estimons qu’environ 86% de la population de plus de 15 ans boit de l’alcool, mais seuls 10% sont dépendants, précise Didier Vander Steichel. C’est très différent par exemple du sevrage du tabac." Autrement dit : si l’arrêt de l’alcool s’accompagne de symptômes physiques, c’est que vous êtes dépendant, et donc vous ne devriez pas tenter l’expérience.

Et pourquoi pas en janvier ?

Selon la Fondation, les résultats des dernières années de Tournée minérale sont très encourageants : six mois après l’opération, les participants boivent toujours en moyenne deux verres de moins par semaine (selon une étude de l’Université de Gand). Alors pourquoi ne pas commencer directement en janvier, comme le #DryJanuary qui a commencé au Royaume-Uni et se retrouve dans d’autres pays ? "Parce que le mois de février est le plus court de l’année, donc l’effort est moins grand !, plaisante le docteur Vander Steichel. Plus sérieusement, nous avons bien réfléchi, et choisir la période de janvier était mettre la barre un peu haut : il y a encore beaucoup de réceptions, de fêtes de Nouvel An, des occasions où l’on boit de l’alcool généralement." Attendre la fin du mois paraissait alors plus judicieux. D’autant plus qu’en février, c’est encore la période des bonnes résolutions.

Archives : Journal télévisé du 31/01/2019

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