Tourisme en France: comment se prépare la Côte d’Azur après la crise du Covid?

La France est la première destination touristique au monde. A la Côte d’Azur, l’ambiance est morose car la saison devrait déjà avoir débuté, mais aujourd’hui, les hôtels et les restaurants sont toujours fermés. Seules les plages sont redevenues accessibles à la mi-mai.

Personne ne se promène sur le port mythique de Saint-Tropez, qui est habituellement bondé en mai. Les quais sont vides et les terrasses sont fermées. Nous rencontrons Thibaut Déramond, saisonnier dans un palace. Pour lui, cette situation est totalement inédite : "On n’arrive pas y croire, c'est du jamais vu. C’est vrai que ça donne un peu de repos, mais pour les personnes qui vivent du tourisme, c'est très compliqué. Regardez le nombre de boutiques au mètre carré où il n’y a personne. " 

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Saint-Tropez attend le retour des touristes avec impatience

Car de nombreux emplois sont en jeu et les professionnels du secteur sont inquiets. Beaucoup n'ont pas souhaité nous en parler. Trop de stress, trop d’incertitudes à leurs yeux.

Un Belge, qui loue et vend des bateaux depuis 20 ans dans la baie, a accepté de nous rencontrer. Jerôme Ceron explique que les prochains mois sont les plus importants de l'année :"Si on loupe ces trois mois, ce n’est pas en novembre qu'on va louer des bateaux et encore moins en vendre. Donc on a hâte que, au moins l'espace Schengen soit ouvert. On a une très grande clientèle belge, allemande, hollandaise, luxembourgeoise et on a besoin d’eux pour faire tourner nos activités et remplir nos restaurants, c'est essentiel."

Un gros manque à gagner sans les touristes étrangers

Les Français pourront circuler dans leur pays cet été, mais ce ne sera peut-être pas le cas des étrangers. Voilà qui représenterait un gros manque à gagner pour le secteur car rien que sur la Côte d'Azur, le tourisme rapporte chaque année quelques 7 milliards d'euros. Il permet de créer 150.000 emplois directs et indirects, et la moitié des touristes viennent de l'étranger.

Sainte-Maxime

A Sainte-Maxime de l'autre côté de la baie, nous rencontrons Alexandra Giono, patronne d’un restaurant de plage. Elle aurait bien besoin de perspectives car elle vit dans l’incertitude depuis deux mois. "On sait que c'est compliqué, mais si on pouvait déjà avoir une petite activité, avec les locaux et les gens de l'arrière-pays, afin de réembaucher une partie du personnel qui est là tous les ans et qui attend, ce serait déjà super. "

En attendant le jour J, on peaufine les extérieurs et on donne un coup de frais au bar de la plage. Le patron parle d'aménagements Covid : " On n’aurait pas pu les faire si on n'avait pas eu plein de temps".

Le soir-même de notre rencontre, ils apprendront que le snack pourra ouvrir en même temps que les plages. Ça ne remplacera pas les 150 couverts habituels de la terrasse mais c'est tout de même une bonne nouvelle.   

 

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Alexandra Giono, patronne d’un restaurant de plage © RTBF

Saint-Raphaël

Un peu plus loin, à Saint-Raphael, nous rencontrons le maire sur la plage. Frédéric Masquelier est Belge et vit dans le sud de la France depuis 30 ans. Il explique qu’habituellement, la population de la ville triple en été mais pour lui, l'avenir n'est pas très clair. "On ne nous donne que des indications : le 2 juin, on pourra sans doute rouvrir les restaurants et les bars. On parle aussi de vacances en juillet et en aout. Mais qu'en est-il exactement ? Quel sera le protocole à respecter ? Toutes ces incertitudes sont sources d'inquiétudes notamment pour les professionnels", conclut-il.

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Frédéric Masquelier - maire de Saint Raphaël © RTBF

Notre voyage s'achève sous le soleil de la Côte d'Azur qui voit l'été arriver et qui rêve de jours meilleurs.