Toujours plus d'antibiotiques dans la viande: un risque pour la santé humaine

La Belgique mauvais élève dans l'utilisation des antibiotiques vétérinaires
La Belgique mauvais élève dans l'utilisation des antibiotiques vétérinaires - © tvn

En 2030, l’utilisation d’antibiotiques dans les élevages aura augmenté de 52%. Une croissance due principalement aux pays émergents comme la Chine, le Brésil ou l’Inde où la consommation de porc, poulet ou bovin va exploser à mesure que ces populations s’enrichissent.

Conséquence : le nombre d’élevages industriels va augmenter lui aussi. Et c’est là qu’on utilise massivement les antibiotiques.

Une situation à risque pour Marius Gilbert, maître de recherche au service Epidémiologie spatiale de l’ULB : "Le risque, c’est qu’il y ait des bactéries qui développent des résistances aux antibiotiques qui sont données dans les élevages. Ces bactéries se retrouvent dans les eaux ou dans les sols et contaminent éventuellement l’homme et ce sont des bactéries contre lesquelles on ne pourrait plus lutter avec des antibiotiques classiques qui sont utilisés en santé publique".

La Belgique mauvais élève

En Europe, on a conscience du problème depuis longtemps et globalement, la consommation des antibiotiques a diminué parfois de manière importante. Ainsi la Norvège, championne d’Europe, n’en utilise plus que 2,9 milligrammes par PCU (unité de mesure pour les différentes viandes). Le plus mauvais élève est l’Espagne avec plus 400 mg par PCU. 

Et la Belgique ? Billy Van Daele, de l’Union professionnelle des vétérinaires : "En 2016, nous étions 5ème de la classe européenne avec 150 mg par PCU. Un classement médiocre dû principalement au fait que la Flandre abrite de nombreux élevages de porcs qui consomment, à eux seuls, la moitié des antibiotiques vendus en Belgique. L’usage intensif de ces traitements, c’est le fait d’une vieille garde d’éleveurs habitués à voir des vétérinaires se promener avec des seringues dans les poches. Mais tout cela appartient au passé. Aujourd’hui, c’est toujours le vétérinaire qui est maître de l’usage des antibiotiques, mais il est soumis à davantage de contrôles de l’Afsca. Et puis il y a des lois qui réglementent mieux l’utilisation des antibiotiques. Exemple depuis l’an dernier : le vétérinaire doit éviter d’utiliser ce qu’on appelle les antibiotiques "critiques", soit ceux qui sont utilisés en santé humaine, et n’y recourir qu’en cas de nécessité absolue. Autre règle importante : les traitements préventifs qui étaient appliqués massivement dans les élevages porcins sont désormais interdits. Il y a encore du travail mais on avance !".

Si la Norvège l’a fait…

Aujourd’hui, la consommation a déjà baissé de 30% mais l’objectif est de réduire de moitié les antibiotiques d’ici à 2030. Et l’exemple norvégien, qui en avait fait une priorité de sa politique de santé publique, montre que c’est faisable. Là-bas, ils consomment 50 fois moins d’antibiotiques que chez nous.

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