Titres-services : "On sent une forme de psychose qui s'installe à nouveau"

Titres-services : "On sent une forme de psychose qui s'installe à nouveau"
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Titres-services : "On sent une forme de psychose qui s'installe à nouveau" - © Tous droits réservés

Ces derniers jours, depuis l’annonce des mesures sanitaires plus sévères, certaines entreprises de nettoyage notent une augmentation du nombre d’annulations. Des clients craignent de recevoir, chez eux, leur aide-ménagère. De leur côté, les membres du personnel avouent ressentir parfois de l’angoisse à l’idée de travailler au domicile de particuliers, surtout s’il s’agit de nouveaux clients.

Véronique Diricq gère l’agence de Waudrez, dont dépendent près de 150 aides-ménagères. Certains clients lui font part de leur réticences, il y a même des annulations de services à domicile. "Par peur du virus. Ce n’est pas du tout la majorité : cinq annulations cette semaine. Mais on voit que la psychose commence à s’installer à nouveau". Les craintes émanent principalement de personnes âgées ou fragiles, "qui ont peur d’être contaminées, d’avoir trop de gens autour d'elles. Certains clients font allusion à la bulle de 5, qu'ils veulent respecter".


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Parmi ses "troupes", les questions et angoisses resurgissent. "Certaines filles ont peur d’aller en remplacement chez de nouveaux clients, ne connaissant pas leurs habitudes de vie. Là aussi, la peur se réinstalle". 

Depuis la reprise des activités, l'entreprises a mis en place une série de mesures pour tenter de limiter au maximum les risques de transmission du virus. "Des gants à usage unique, pour chaque client. Des masques, des protections oculaires. Elles doivent respecter des mesures de distanciation. Le client doit autant que possible aérer la maison avant l’arrivée de l'aide-ménagère, ne pas rester dans la même pièce. Nous demandons aussi pour que soient lavés à 60 degrés tous les torchons ou lavettes que le personnel aurait pu utiliser".

Aurélie prend son service dans un quart d'heure. Elle avoue avoir un peu la boule au ventre, ces derniers temps. "On a toujours peur car le virus, ce n’est pas rien ! Je suis inquiète mais mes clients prennent les dispositions, et on a reçu un bon kit par l’entreprise. On travaille toujours avec des gants, désinfectés. Logiquement il ne devrait pas y avoir de problèmes. C’est difficile à expliquer : je me sens à la fois en sécurité, sans l'être. Parce que je sais que le risque zéro n'existe pas. Mes enfants ont besoin de moi ! Je n’ai pas non plus envie de faire circuler le virus".

Avec la période de vacances et les évolutions de la maladie, les plannings ont été un peu chamboulés. Certains de ses clients ont annulé des prestations, elle en a récupéré d'autres. Ce qui la rassure, c'est la bonne volonté dont font preuve les particuliers chez qui elle se rend. "Ils comprennent assez bien, j’en ai pas mal qui proposent leur propre gel, un client m’a même acheté un paquet de masques !"

Ce qu'elle aimerait surtout, comme beaucoup d'entre-nous..., c'est "que ce soit fini toute cette misère ! Ça fait long!" Le pire serait de se retrouver sans travail, car l'entreprise doit à nouveau fermer ses portes, pour cause de confinement total. "Déjà, ce n'est pas chouette de rester à rien faire", poursuit Aurélie, "et surtout, étant maman de 4 enfants... je dois travailler! il faut des sous pour élever tout ça et nourrir tout ça".

Véronique Diricq ne veut pas penser au pire, et donc à ce fameux retour "à la case départ", le reconfinement complet. "Je suis pragmatique, je préfère ne pas penser aux problèmes avant qu'ils n'arrivent. Mais c'est vrai que mes filles ont peur qu’il y ait un reconfinement et qu’elles doivent encore arrêter de travailler. Financièrement elles ont besoin cet argent! Au plus fort de la crise nous avons connu six semaines d’arrêt. Comme tout le monde on est dans l’expectative et on attend l’évolution des mesures, et surtout de la situation sanitaire!".

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