Tinne Van der Straeten : « L’indexation des salaires n’est pas à l’ordre du jour »

Avec une inflation de 2,73% pour le mois d'août, cela fait presque dix ans que la Belgique n'a pas connu pareille hausse des prix.

Le gaz naturel, par exemple, coûte presque 50% de plus qu'il y a un an. L'électricité, elle, coûte 17% de plus qu'il y a un an et bat son record historique de prix.

Ce mercredi, la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen) indiquait essayer de faire en sorte que le prix de la facture ne gonfle pas davantage à l’avenir : "Il y a différents composants sur la facture d’électricité", explique-t-elle. "Le prix de l’électricité et du gaz d’une part, et les taxes et redevances du fédéral et des régions d’autre part. Il y a un engagement clair dans l’accord du gouvernement fédéral sur lequel nous travaillons ensemble avec le ministre des Finances Vincent Van Peteghem qui vise à ce que cette part fédérale n’augmente pas." Pas de diminution des taxes, donc.

Mais en attendant, les Belges doivent faire face à ces augmentations. Et pour cela, nombreux sont ceux qui réclament une indexation des salaires. Une requête à laquelle le gouvernement n’accèdera pas dans l’immédiat : "L’indexation des salaires n’est pas à l’ordre du jour actuellement", annonce la ministre fédérale de l’Energie. "Nous sommes dans un débat d’énergie. Il y a bien sûr un lien avec l’indexation, mais en tant que ministre de l’Energie, j’agis sur le champ de l’énergie. Nous pouvons investir dans des énergies renouvelables, favoriser la transition énergétique qui nous apportera beaucoup de bénéfices."

Fernand Grifnée, administrateur-délégué d’ORES, approuve le discours de la ministre à deux exceptions près : "Il faut que cet investissement que tout le monde paie profite à tous. Pour cela, nous sommes en train d’installer des panneaux photovoltaïques sur les toits de logements sociaux", assure-t-il. "Ensuite, il faut accompagner cet investissement de mesures pour régler les cas les plus urgents. Dans le cadre de la lutte contre le covid, le gouvernement a permis à toute personne qui est en difficulté de paiement par rapport à sa facture d’électricité de se rapprocher de son CPAS et d’ainsi devenir client du gestionnaire de réseau (ORES) tout en bénéficiant automatiquement du tarif social, soit 30 % en moins. Mais aujourd’hui, presqu’aucun client ne l’a fait."

Il souhaite également que les personnes qui paient les prix les plus chers de 2007 puissent bénéficier du meilleur tarif possible chez les gestionnaires de réseau de distribution.

Diminuer le prix de la TVA ?

Pour Germain Mugemangango, chef de file du PTB au Parlement wallon, l’une des solutions pour aider les ménages serait de diminuer la TVA sur l’énergie de 21 à 6 %.

Une solution que désapprouve le chef-économiste chez Orcadia, Etienne de Callataÿ : "Si on diminue la TVA sur l’électricité en Belgique, le premier bénéficiaire macro-économique sera l’employeur. Pourquoi ? Parce nous connaissons un mécanisme d’indexation automatique des salaires. Si nous diminuons la TVA, c’est un cadeau à l’employeur au travers d’une augmentation moins rapide de la masse salariale. Mais malheureusement, il y a un populisme ambiant qui fait que ça semble trop difficile d’expliquer à la population ce genre de phénomène."

Benoît Piedboeuf, chef de groupe MR à la Chambre, n’est pas non plus en faveur d’une réduction de la TVA. Il vaudrait mieux selon lui encourager l’isolation des bâtiments pour diminuer la consommation d’électricité.

Dernière solution évoquée : la mise en place d’un cliquet. "Le cliquet permet de diminuer les taxes à partir du moment où un prix augmente trop. Ce modèle très rapide à mettre en place existe aussi en matière de carburant et permet de répondre à l’urgence", détaille le chef de groupe. 

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