Thomas Pesquet et Dirk Frimout, un même souvenir qu'un quart de siècle sépare

Thomas Pesquet et Dirk Frimout, une expérience identique à 25 ans de distance.
Thomas Pesquet et Dirk Frimout, une expérience identique à 25 ans de distance. - © Tous droits réservés

L’Atterrissage est prévu ce vendredi à 16 heures 10, si tout va bien, quelque part dans les steppes du Kazakhstan, Thomas Pesquet, le spationaute français, reviendra sur Terre après 196 jours passés sur orbite. Un record pour un Français et un voyage hyper médiatisé grâce à des partages en ligne pratiquement quotidiens. Dirk Frimout, lui aussi, se souvient de ces moments magiques qui remontent, dans son cas à un quart de siècle.

Grâce à Thomas Pesquet, tous ceux qui ont rêvé d'un jour aller dans l'espace ont pu s’y rendre en images. Les moments forts de ce partage sont ses sorties spatiales filmées et retransmises en direct. Ce sont les bruits de l'espace et les communications entre les responsables au sol et les astronautes. Thomas Pesquet a effectué deux sorties pour réparer des éléments de la station spatiale. On entend que chaque mouvement doit être précis, avec des gestes expliqués étape par étape par les techniciens au sol.

La vie des astronautes au jour le jour


Thomas Pesquet a mené avec ses collègues près de 60 expériences scientifiques. Et à quelques heures de son retour sur le plancher des vaches, sa mission n’est pas terminée.

Dès son retour, c'est son corps qui sera analysé pour examiner les changements provoqués par 6 mois passés dans l'espace.
6 mois pendant lesquels Thomas Pesquet a raconté sur les réseaux sociaux tout ce qu'il vivait, comment les astronautes cohabitaient. Il a montré comment boire de l'eau à 400 km de la Terre, dans un univers dépourvu de gravité. Même problème pour le sommeil passé accroché à un harnai: "Ici, sur ce mur-là, j'ai mon duvet qui est tout bêtement accroché et c'est là-dedans que je dors. En fait, j'enfile ce duvet, et la nuit je dors verticalement. C'est très confortable ".
 

Le décollage était un départ phénoménal pour nous


Thomas Pesquet, fédère aussi des centaines de milliers de followers sur les réseaux sociaux. Pour le grand public, il est ce photographe passionné qui envoyait des images de la Planète Bleue sous toutes ses coutures. Des clichés assez magiques. Il en a fait des centaines et parle des moments exceptionnels qu'il a vécus: "Le décollage, était un départ phénoménal pour nous, c'était des sensations incroyables. La première vision de la Terre depuis mon petit hublot, le lever de soleil vers lequel on volait. La première sortie extravéhiculaire, quand on ouvre le sas et qu'on bascule la tête la première vers 450 kilomètres de vide et qu'ensuite on s'accroche à la station et qu'on regarde vers le bas. "

On va surtout dans l’espace pour voir la terre
 

Dirk Frimout qui fut le premier Belge dans l'Espace voici 25 ans se rappelle de souvenirs identiques. "Quand il y a des messages spatiaux, je revis ma propre mission. C’était il y a 25 ans, mais j’y pense et j’en parle chaque jour." Il pense aussi au retour sur terre qui demeure un moment passionnant. "C'est quelque chose qu'on prépare moins bien que le départ, par exemple. Revenir dans l’atmosphère est passionnant, mais il y a des risques aussi bien sûr. Avec la navette il y avait même encore plus de risques qu'avec le Soyouz. Ce modèle est bien maîtrisé par les ingénieurs, mais ce n'est pas sans danger. Il y a eu des problèmes pendant le retour de certains astronautes. On est toujours heureux quand les astronautes reviennent sains et saufs sur Terre". Et, comme Thomas Pesquet, Dirk Frimout a conservé comme principal souvenir de son voyage, le moment du lancement. " Parce que c'est quelque chose dont on a rêvé depuis longtemps. Arriver dans l'espace, voir la Terre pour la première fois, ça c'est quelque chose. C'est pour ça qu'on va dans l'espace aussi, surtout pour voir la Terre. Mais revenir m'a laissé aussi une impression. Au moment où l’on a vécu tout un temps en apesanteur -pour Thomas ce fut encore plus long- et qu’on revient dans la gravité, le corps doit tout de suite s'adapter, ce n'est pas évident ".


Les (difficiles) premiers pas sur terre


Dirk Frimout se souvient aussi des premiers pas qui suivent le retour sur le plancher des vaches.  " Le premier moment où l’on est à nouveau sur Terre, le moindre mouvement de la tête provoque le tournis. C'est une adaptation assez forte, que l’on ressent et qui dure. Quand on a été 9 jours dans l'espace, ça dure quelques jours, mais quand on revient de 6 mois, ça prend beaucoup plus de temps encore ".


L'Espace passionne-t-il encore?

Quand Dirk Fimout est parti dans l’Espace, l’engouement avait été énorme et de nombreuses vocations étaient nées. Selon notre premier astronaute, la fibre spatiale existe toujours: "Je suis président de l'Euro Space Society, une ASBL qui essaye de promouvoir le spatial chez les gens, dans les écoles, Je suis étonné que les jeunes soient toujours aussi passionnés. On peut les passionner pour le spatial, a technologique et la science. On capte tout de suite leur attention. Le spatial peut être utilisé comme vecteur pour motiver les jeunes pour les études. C’est ce que je fais maintenant et les jeunes répondent très bien."

 

La déception face à position de Trump
 

Il y a 25 ans, Dirk Frimout avait dit discerner la pollution terrestre depuis l'Espace. Il est donc aujourd’hui déçu par la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l'Accord de Paris.

"Tous les astronautes, tous ceux qui se sont rendus dans l'Espace, regardent la Terre et sa couche atmosphérique si mince et si fragile. Nous devons être heureux de connaître suffisamment cette atmosphère pour la protéger. C’est la raison pour laquelle il est incompréhensible qu’un président ne soit pas mieux renseigné. "

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