Thierry Moreau: Michelle Martin devrait répondre à Jean-Denis Lejeune

L'avocat de Michelle Martin, Thierry Moreau, croit en sa "repentance"
L'avocat de Michelle Martin, Thierry Moreau, croit en sa "repentance" - © RTBF

Arrivée chahutée au couvent des Clarisses pour Michelle Martin mardi soir. Une situation qui a impressionné l’avocat de l’ex-femme de Marc Dutroux, Thierry Moreau. Il revient sur la libération conditionnelle de sa cliente au micro de Matin première.

"Avec Maître Hoffmann nous sommes allés la chercher à la prison et nous l’avons accompagnée jusqu’au couvent" confirme l’avocat qui déplore la manière dont certains manifestants se sont comportés à l’arrivée de l’ex-détenue. "A titre personnel j’ai même été assez impressionné", reconnaît Thierry Moreau. Des violences qui étaient le fait d' "une bande de hooligans" à ses yeux et sans doute "pas la population paisible de Malonne"

"Je peux très bien comprendre que tout le monde n’ait pas la même opinion à l’égard de la libération de Michelle Martin" souligne-t-il mais "la violence ne résout rien. Moi je peux très bien comprendre et entendre les victimes et les personnes qui les entourent ; mais lorsqu’on arrive à la violence, quelque part on est en train presque d’agir de la même manière que  Michelle Martin a agi. Elle a été condamnée pour avoir contribué et participé à des faits de violence ; et bien je crois qu’on ne répond pas à une violence par une autre".

L’homme de loi dit vouloir éviter l’escalade, "qu’une frontière ne sera pas franchie". Il espère aussi que les autorités continueront à faire preuve de fermeté pour éviter les débordements.

Pas une victoire

La libération conditionnelle de Michelle Martin "n’est pas une victoire" mais "l’aboutissement d’un long chemin, dans lequel elle souhaite se racheter" explique Thierry Moreau, bien conscient que ce message aura sans doute des difficultés à être entendu. Elle souhaite, dit-il "essayer de poser des gestes par lesquels elle pourra se mettre au service de personnes qui sont dans le besoin". Et c’est aussi la possibilité de trouver les moyens d’indemniser les victimes, dit-il, non sans avouer que la recherche d’un travail risque fort d’être un parcours semé d’embûche : "J’imagine que tout le monde n’est pas prêt à engager Michelle Martin… "

Selon l’avocat, l’ex-détenue  ne veut pas se contenter d’indemniser les victimes avec le revenu d’insertion auquel elle pourra sans doute prétendre, car ce serait utiliser l’argent de la collectivité pour faire face à ses obligations. "Ce n’est pas ça qu’elle voudrait".

Une réponse à la lettre de Jean-Denis Lejeune

L’héritage de sa maman aurait pu servir à débuter cette indemnisation, mais Thierry Moreau explique que le testament de la défunte entendait favoriser les enfants de Michelle Martin, dont il souligne que leur mère est très consciente des difficultés dans lesquelles elle les a laissés. Il estime par ailleurs que l’héritage en question était loin d’atteindre le montant de 500 000 euros parfois évoqué.

A la lettre que Jean-Denis Lejeune adresse à Michelle Martin, dans laquelle il demande "toute la vérité", l’avocat précise que l’ex-détenue va probablement répondre. "Nous avons évoqué ça dans la voiture avec Mme Martin", dit-il, avouant ne pas savoir si la réponse prendra la forme d’un écrit. Il suggère plutôt que cela se passe dans le cadre d’une médiation, que Jean-Denis Lejeune a toutefois déjà refusé par le passé. Mais si réponse il y a, elle ne sera certainement pas publique, affirme l’avocat.

"Ceci dit je voudrais quand même dire aussi que Mme Martin a dit la vérité !", souligne Thierry Moreau, qui rappelle que le dossier d’instruction soulignait le caractère déterminant pour l’enquête des déclarations que Michelle Martin avait faites après son arrestation. "Très clairement, Mme Martin a dit des choses, ces choses ont été vérifiées et pour toute une série de choses confirmées matériellement".

Thierry Moreau dit enfin croire profondément en la "repentance" de Michelle Martin. "Je la suis depuis 1998. J’ai rarement vu un ou une détenu(e) faire le parcours qu’elle a fait de remise en question. C’était assez impressionnant et je crois que je n’ai pas été le seul à avoir été impressionné : tous ceux qui sont intervenus, qui l’on suivi, qui l’ont analysé, qui l’ont entendue avant sa libération ont conclu à la même chose".

T.N.

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