Coronavirus et testing en entreprise : le parcours du combattant ?

Les entreprises sont pointées du doigt puisque 40% des foyers de contamination au coronavirus y sont situés. Elles arrivent juste derrière le secteur de l’enseignement. Les autorités ont donc décidé de mettre en place une campagne de tests de dépistage dans les entreprises, en particulier là où le télétravail est difficilement applicable. C’est ce qui est ressorti du Comité de concertation du vendredi 19 mars.

Gilles Dej est patron de Tchic Tchac, une entreprise de production audiovisuelle à Bruxelles. Une petite structure où le télétravail est souvent impossible notamment lorsqu’il s’agit d’enregistrer des émissions télévisées. Suite à l’annonce du gouvernement, il prend donc directement les choses en main. "Comme on a des tournages avec quatre à cinq personnes enfermées ensemble en régie toute une journée, ce n’est pas ce qu’il y a de plus 'covid-friendly'. Donc même masqués, il y a quand même un risque de contamination au sein de l’équipe."

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Testing en entreprise : le parcours du combattant ? © XAVIER JANSSENS

Il a voulu rebondir à l’annonce faite par le comité de concertation dès ce lundi 22 mars en organisant un testing pour l’équipe. Mais la mise en place de tests antigéniques ne s’est pas déroulée aussi facilement. "J’ai d’abord envoyé un mail à mon secrétariat social, qui me renvoie vers le numéro vert covid, qui me renvoie vers le SPF Santé, qui me renvoie vers l’inspection du travail dans la région bruxelloise. Je tombe sur une secrétaire qui me dit que quelqu’un me rappelle dans les deux heures. On me rappelle en me disant que je suis totalement dans les conditions et que cela sera organisé dans la journée. Trois jours plus tard, je n’ai toujours aucune nouvelle," explique Gilles Dej.

"A la base, c’était pour un tournage samedi mais comme la présentatrice de l’émission est positive au covid, on a décalé d’une semaine. Donc dans l’immédiat ce n’est pas très grave mais je ne vais pas courir et harceler tout le monde pour faire des tests qui ne sont pas obligatoires et à charge de l’entreprise."

Et ce qui l’interroge beaucoup en tant que patron d’une petite structure de moins de dix personnes, "c’est l’absence totale d’accompagnement dans le suivi des règles et des solutions à mettre en place." En attendant, "on sera attentif avec tout le monde, on mettra des masques N95, proches des FFP2 et on sera prudents."

Alors que faire ? Quelle est la démarche à suivre ?

Si l’Union des Classes Moyennes avait dénoncé le flou autour de cette annonce, il semblerait qu’il y ait eu quelques éclaircissements mais en attend encore d’autres. "On sait que les entreprises ne peuvent pas choisir de faire revenir du personnel en le faisant tester. Et pour ceux qui ne peuvent pas faire de télétravail, ils pourront être testés", explique Pierre-Frédéric Nyst, le président de l’UCM. 

C’est, en fait, la médecine du travail qui est à la manœuvre mais comment cela se passe-t-il ? "Le médecin du travail va arriver dans les entreprises, regarder les fonctions des travailleurs et choisir qui parmi les gens présents sera testé."

Cela se fera donc vraisemblablement en fonction du risque et de la réalité de chaque travailleur. "C’est à la fois une bonne chose mais le revers de la médaille, c’est que la médecine du travail va être noyée" craint le président de l’UCM. "Sans compter que l’on ne sait pas ce que cela va coûter puisque les services d’intervention sont payants."

Si, pour l’UCM, l’idée est bonne, le timing choisi est trop juste. Ce qui expliquerait les difficultés dans la mise en place. 

Du côté du ministre fédéral de l'Economie et du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS), on reconnait que "ce n'est pas la solution miracle" mais ces tests restent un outil supplémentaire.

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