Test européen: jusqu'à 13% de viande de cheval dans des produits au boeuf

Un échantillon de viande dans un laboratoire d'analyses à Berlin le 19 février 2013
Un échantillon de viande dans un laboratoire d'analyses à Berlin le 19 février 2013 - © Johannes Eisele

Les tests pratiqués dans l'Union européenne à la suite du scandale de la viande de cheval ont permis d'en déceler moins de 5% dans des produits censés contenir du boeuf, ainsi que des traces d'une substance interdite dans l'alimentation. Le record est atteint par la France avec 13,3% de test positifs.

Le 15 février, en pleine affaire de la viande de cheval dans des plats préparés censés contenir du boeuf, l'Europe avait lancé un plan prévoyant un minimum de  2250 tests ADN sur des plats préparés, ainsi que des dépistages du phénylbutazone, un anti-inflammatoire nocif pour la santé, dans les carcasses de cheval.

Au total, ce sont pourtant 4144 tests ADN qui ont été pratiqués pour restaurer la confiance des consommateurs,
ébranlée par la crise de la viande de cheval. La Commission européenne a fait savoir mardi que moins de 5% de viande de cheval avait été décelée dans les produits testés.

Par ailleurs, les 3115 contrôles effectués sur des carcasses de cheval ont indiqué la présence de phénylbutazone, un anti-inflammatoire interdit dans l'alimentation humaine, dans 0,5% des cas.

La France en tête

La France est le pays européen avec le taux le plus important de produits alimentaires contenant de la viande de cheval, selon les résultats des tests pratiqués à la suite du scandale de la viande de cheval faussement estampillée
bœuf. Environ 13,3% des 353 tests effectués en France se sont révélés positifs, alors qu'en moyenne, 4,66% l'étaient au sein de l'UE.
La France est suivie par la Grèce (12,5% des 288 tests), la Lettonie (10% des 70 tests) et le Danemark (9,1% des 99 tests). En Grande-Bretagne et en Irlande, d'où le scandale était parti à la mi-janvier, aucun produit testé ne contenait de viande chevaline.

Fraude alimentaire et non santé alimentaire

"Les résultats publiés ce mardi confirment qu'il s'agit d'un cas de fraude alimentaire, et non de santé alimentaire", a affirmé le Commissaire européen en charge de la santé et de la consommation, Tonio Borg. Il a confirmé qu'il allait proposer aux Etats membres des "nouvelles mesures pour réduire les risques d'abus à l'avenir", dont des sanctions pécuniaires équivalentes au gain issu de la fraude.

Les résultats des tests seront discutés vendredi par le "Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale", composé de représentants des Etats membres et présidé par un représentant de la Commission, a par ailleurs indiqué l'Irlande, qui assure la présidence semestrielle de l'UE.

De 10 à 150 tests étaient prévus dans chacun des pays de l'UE, en fonction de leur taille, tandis qu'un échantillon devait être prélevé par 50 tonnes de viande chevaline. L'opération était cofinancée à 75% par la Commission européenne.

Concernant le phénylbutazone, "on réaffirme qu'il n'y a pas de danger immédiat dans l'Union européenne avec ce produit", a déclaré Frédéric Vincent, le porte-parole du commissaire européen en charge de la santé et de la consommation, Tonio Borg. Il a toutefois rappelé que ce produit restait "strictement interdit dans l'alimentation humaine".

Sollicitées par la Commission, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence européenne des médicaments (EMA) avaient estimé dans un avis publié lundi que l'exposition des consommateurs au phénylbutazone via l'alimentation était faible.

"L'avis des deux agences montre qu'il n'y a pas d'inquiétude en tant que telle. Il faudrait manger des centaines de steaks hachés de cheval pendant des mois pour éventuellement avoir des problèmes avec le phénylbutazone", a déclaré Frédéric Vincent.

Des entreprises internationales ont été touchées, dont le groupe suisse Nestlé et le géant suédois du mobilier Ikea, contraint de retirer les boulettes de viande commercialisées dans ses magasins.

Prochain rapport: fin de l'été

Le 10 avril, les autorités sanitaires néerlandaises ont prévenu que 50 000 tonnes de viande de boeuf vendues à travers l'Europe pourraient contenir de la viande chevaline.

Le scandale de la viande de cheval a relancé les débats sur la nécessité d'un étiquetage de l'origine des viandes entrant dans la composition des plats cuisinés. Sous la pression de plusieurs Etats membres, la Commission s'est engagée à rendre un rapport sur ce sujet pour la fin de l'été ou le début de l'automne.

Depuis l'affaire de la vache folle, les industriels sont contraints par la réglementation européenne de mentionner le type de viande qui entre dans leurs préparations, mais pas l'origine.


AFP

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