Terrorisme: les prisons belges comptent déjà 117 détenus condamnés ou inculpés

La prison d'Ittre où a été aménagée une aile pour radicalisés.
La prison d'Ittre où a été aménagée une aile pour radicalisés. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le chiffre officiel est enfin connu: en ce mois de juin 2016, les prisons belges comptent 117 détenus condamnés ou inculpés pour des faits de terrorisme. Koen Geens (CD&V), ministre fédéral de la Justice, vient de dévoiler l'information dans une réponse parlementaire. Jusqu'à présent, celui-ci parlait d'une centaine de prisonniers fichés, sans jamais entrer dans les détails.

Il faut dire que depuis les attentats de Paris en novembre 2013 et ceux de Bruxelles en mars dernier, les interpellations et inculpations se sont multipliées. Sans compter la tenue de procès liés de près ou de loin aux attaques sanglantes de ces dernières semaines: le récent procès de la cellule de Verviers, le procès d'une filière d'envoi de combattants en Syrie et la condamnation de 26 prévenus (dont l'un des kamikazes de Bruxelles Najim Laachraoui) début mai, le procès du prédicateur Jean-Louis Denis et sa condamnation à dix ans de prison intervenue début 2016... Entre temps, aussi, nos prisons ont accueilli Salah Abdeslam (transféré depuis en France) et accueillent toujours Mohamed Abrini et Ossama Krayem arrêtés après le 22 mars... Mehdi Nemmouche, auteur présumé de l'attentat du Musée juif en 2014 est détenu à Bruges. 

Départs en Syrie et financement du terrorisme

Pour Koen Geens, les 117 personnes actuellement en détention peuvent être qualifiés d'extrémistes. "Les faits pour lesquels ils sont inculpés ou purgent une peine peuvent être rangés sous le vocable "extrémisme" (départ ou tentative de départ vers une zone de combats djihadiste, financement de l'EI, d'Al Qaïda, d'Al Shabaab, etc.)", précise le ministre qui détaille l'accompagnement prévu pour ces détenus. "Le simple fait d'être radicalisé ou le prosélytisme ne constitue pas une raison légale suffisante pour imposer une mesure de sécurité particulière ou un régime de sécurité particulier à un détenu. Une telle décision ne peut intervenir que s'il existe des indices qu'il menace l'ordre et la sécurité. Un régime particulier et individuel de sécurité ne peut éventuellement être mis en place que s'il est question d'une menace constante."

Les ailes pour radicalisés

En tous les cas, le Fédéral a déjà prévu des aménagements particuliers pour les radicalisés afin de limiter leur influence sur les autres détenus. Une aile spéciale a ouvert il y a peu à la prison d'Ittre dans le Brabant wallon. Cette prison accueille une demi-douzaine de radicalisés et pourra en héberger jusque 20. Khalid Zerkani, recruteur de combattants djihadistes condamné l'an dernier, y est incarcéré, tout comme Jean-Louis Denis.

Une autre aile pour radicalisés, cette fois à la prison d'Hasselt, dans le Limbourg, ouvrira dans les prochaines semaines.

Récemment, le Comité R (contrôle des services de renseignements) avait pointé du doigt le phénomène de la radicalisation en prison.

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