Terrorisme: Jean-Louis Denis condamné en appel à cinq ans de prison, au lieu de dix

La cour d'appel de Bruxelles a suivi, vendredi, la thèse des avocats de Jean-Louis Denis, Me Henri Laquay et Me Sébastien Courtoy, et a requalifié la prévention de dirigeant d'une filière terroriste en prévention de membre d'une telle filière. La peine prononcée est donc passée de 10 ans à 5 ans de prison pour Jean-Louis Denis, dit "le soumis". Il était suspecté d'avoir recruté, en 2013, plusieurs jeunes pour aller se battre en Syrie aux côtés de groupes armés, qualifiés de terroristes.

La cour a estimé qu'il n'était pas prouvé que Jean-Louis Denis avait incité des jeunes à partir faire le djihad en Syrie et a estimé que son rôle s'était cantonné à faire de la propagande djihadiste.

Membre et pas dirigeant d'une organisation terroriste

Alors que le parquet fédéral réclamait une peine de 15 ans de prison pour une prévention de participation aux activités d'un groupe terroriste en tant que dirigeant, la cour l'a condamné à une prévention de participation à de telles activités en tant membre seulement. De 10 ans de prison en première instance, la condamnation est passée à 5 ans de prison.

Par ailleurs, la cour a confirmé l'acquittement prononcé en première instance concernant l'épouse de Jean-Louis Denis. La procureure fédérale réclamait une peine de 8 ans de prison à son encontre pour participation aux activités d'un groupe terroriste en tant que dirigeante, mais la cour a suivi la thèse de la défense, Me Virginie Taelman.

Jean-Louis Denis était prévenu pour avoir recruté des candidats au djihad armé en Syrie, en 2013, et notamment de nombreux jeunes, mineurs d'âge. Mais il avait toujours démenti avoir eu une responsabilité dans le départ de certains jeunes bruxellois vers la Syrie.

L'enquête débutée après le départ de deux jeunes

L'enquête à sa charge avait débuté en avril 2013 lorsque deux élèves de l'athénée Fernand Blum à Schaerbeek, âgés de 16 ans, étaient partis en Syrie. Les deux adolescents avaient été signalés à plusieurs reprises comme faisant partie de l'entourage du prédicateur. Ils avaient notamment participé à la distribution de nourriture qu'il organisait à la gare du Nord de Bruxelles via son association "Resto du Tawhid".

L'épouse de Jean-Louis Denis était poursuivie pour la même prévention que son mari, soit avoir participé aux activités d'un groupe terroriste comme dirigeante. Le parquet fédéral la suspectait notamment d'avoir mis son époux en conférence avec des djihadistes présumés, via son propre téléphone pour éviter les mises sous écoute téléphonique de Jean-Louis Denis.

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