Termonde: le procès des arracheurs de patates deviendra-t-il celui des OGM?

Termonde: le procès des arracheurs de patates deviendra-t-il celui des OGM?
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Termonde: le procès des arracheurs de patates deviendra-t-il celui des OGM? - © BELGA PHOTO KRISTOF VAN ACCOM

Des activistes qui avaient saccagé un champ expérimental de pommes de terre génétiquement modifiées à Wetteren en mai 2011 sont poursuivis devant le tribunal correctionnel de Termonde pour association de malfaiteurs. L’audience de ce mardi était plutôt mouvementée.

Sur les 250 activistes qui avaient arraché les tubercules, 11 sont poursuivis, mais plus de 200 militants avaient fait le déplacement pour l'occasion de ce procès à rebondissement. Parmi eux, 91 se sont portés "comparants volontaires". Ils veulent que ce procès pour destruction de plants de pommes de terre devienne le procès des OGM.

Marie, une agricultrice qui comparaissait ce mardi aux côtés des 10 autres prévenus pour "appartenance à une association de malfaiteurs", soutient : "On ferait même plutôt partie d'une association de bienfaiteurs dans notre sens, puisqu'on a libéré un champ d'organismes potentiellement dangereux qui nous sont imposés. Et la seule manière de réagir, cela a été d'aller sur le champ et de vraiment essayer de sortir les pommes OGM et d'y mettre des pommes de terre biologique".

La défense a quitté la salle d'audience

A l'entrée de la salle d'audience, la police filtrait le public, le fouillait et le passait au détecteur. C’était une audience peu conventionnelle, il faut le dire, puisque la défense a demandé d'entrée de jeu à la juge d'entendre une série de témoins, de scientifiques et de visionner des vidéos. Réponse de la juge : non. Sur quoi, la défense et les prévenus ont quitté la salle. Joke Callewaert, avocate de la défense se justifie : "Le juge a refusé de les entendre, donc nous, on a estimé que notre défense est vraiment bafouée. Et donc on a décidé de quitter la salle et de faire défaut".

Les avocats des parties civiles ont quand même plaidé, mais devant une salle vide. Ils ont demandé un dédommagement de 200 000 euros. La peine la plus lourde requise par le procureur est de 8 mois de prison ferme. Dans les jours ou dans les semaines qui viennent, un jugement sera rendu. La défense fera alors opposition espérant que, s'il y a un nouveau procès, la juge entendra les témoins. Autrement dit, toute la procédure sera à recommencer.

A.L. avec O. Leherte et J. Katz

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