Tentes, matelas, sacs de couchage... que font les campings de festivals avec le matériel abandonné?

Un festivalier endormi dans le camping de Glastonbury, le 26 juin 2017.
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Un festivalier endormi dans le camping de Glastonbury, le 26 juin 2017. - © OLI SCARFF - AFP

Après Werchter, les Francofolies, Tomorrowland... place au festival Pukkelpop qui débutera le 16 août prochain près de Hasselt. C'est devenu une tradition pour toutes ces manifestations musicales : toujours plus recyclé et toujours plus durable. L'exemple-type de cette tendance au "festival vert" reste Esperanzah, à Floreffe, où les gobelets réutilisables sont devenus la norme.

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Mais même avec le recyclage, les organisateurs de tels événements se retrouvent systématiquement avec des tonnes de déchets sur les bras à la fin des festivités. Dans un monde où la tente d'un célèbre équipementier "à fond la forme" coûte une cinquantaine d'euros - soit environ le prix d'une nuit d'hôtel - les festivaliers ont tendance à abandonner leur matériel derrière eux. Selon la VRT, en 2013, un festivalier sur 4 laissait sa tente sur place.

Alors, que deviennent les matelas gonflables, les sacs de couchage et les sièges pliants utilisés pendant quelques jours seulement?  Un peu partout, des initiatives se mettent en place pour donner une nouvelle vie à ces objets à peine usés.

Tomorrowland. Cette année, les organisateurs du festival techno ont rassemblé quelque 25 tonnes de matériel après deux week-end de musique au domaine provincial De Schorre à Boom. Parmi tous ces objets, ceux qui sont en bon état sont revendus dans des magasins de seconde main.

Et il y a de bonnes affaires à réaliser, signale la VRT sur son site internet. Un matelas deux personnes à peine usé coûte 12 euros, une chaise de Dreamville s'échange pour 10 euros et vous pouvez vous offrir une petite tente pour 15 euros à peine.

Werchter. C'est une première cette année : l'association After Festival Recup a proposé ses services à Rock Werchter. Des bénévoles ont ramassé du matériel de camping avant de le reconditionner et de l'offrir aux plus démunis. Renaud Jean-Louis, l'un des auteurs de cette initiative, expliquait son idée en juillet dernier sur La Prem1ère. "A la fin du festival, le lundi 3 juillet, on a demandé les autorisations aux organisateurs. On a pu aller sur un des espaces et remplir notre camionnette. On a fait le plein de sacs de couchage, de matelas qu'on va pouvoir redistribuer petit à petit."

Avec ce projet, les créateurs d'After Festival Recup "entre-autres des personnes démunies, des personnes sans abris ainsi que des exilés dans et autour de la gare du Nord de Bruxelles, mais également diverses associations liées au sans abrisme en Belgique et en France", peut-on lire sur leur page Facebook.

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Glastonbury. Outre son affiche souvent alléchante, le festival de Glastonbury, dans le comté de Somerset, en Angleterre, est célèbre pour sa vaste étendue de boue en cas de pluie. Les festivaliers ont l'habitude de s'y rendre avec une paire de bottes quand le temps est trop humide. Résultat : il est tentant de laisser derrière soi un matériel bon marché complètement souillé.

Nous voulons que les gens n'achètent pas la tente la moins chère

En 2011, une année marquée par des pluies torrentielles les organisateurs du festival le reconnaissaient : il allait être difficile de recycler quoi que ce soit. "Il faut en finir avec le mythe selon lequel des oeuvres de charités à l'étranger vont vouloir d'un stock de tentes bon marché achetées chez Asda [une chaîne de supermarchés anglaise appartenant au groupe américain Wal-Mart, NDLR]", déclarait alors un porte-parole de l'événement dans les colonnes du Guardian. Mais quand la météo s'y prête, le matériel est récupéré pour être offert aux plus démunis, au Royaume-Uni et à l'étranger.

A Glastonbury, on tente aussi de conscientiser les fêtards. "Une tente, c'est pour la vie, pas juste pour un festival. Nous voulons que les gens n'achètent pas la tente la moins chère, mais qu'ils dépensent un peu plus et achètent une tente qui leur garantira de longues expériences de camping, plutôt que de servir juste le temps d'un festival ou d'un été", indique le site internet de l'événement.

Les organisateurs rappellent au passage que le coût de traitement des déchets après l'événement s'élève à 780 000 livres sterling (soit plus de 861 000 euros). "C'est autant d'argent en moins pour les Water Aid, Greenpeace et Oxfam, les principaux bénéficiaires de l'argent généré par Glastonbury. Avec cette somme, Water Aid peut offrir un accès à l'eau à 52 000 personnes."

Quand tout le monde s'y met, les résultats peuvent être surprenants. Le Panama festival en Tasmanie se base sur un principe : tout ce que vous amenez, vous le reprenez avec vous. Dans une vidéo publiée sur Facebook, les organisateurs montrent ce qu'ils ont ramassé dans le camping après le passage de 1250 personnes. "Merci de prendre soin de cet endroit. Nous avons beaucoup de chance d'avoir un public comme vous", concluent-ils.

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