Tensions à la porte d'Ulysse: "Il n'était plus possible d'ouvrir décemment le bâtiment lundi soir"

Tensions à la porte d'Ulysse: "Il n'était plus possible d'ouvrir décemment le bâtiment lundi soir"
Tensions à la porte d'Ulysse: "Il n'était plus possible d'ouvrir décemment le bâtiment lundi soir" - © Tous droits réservés

La plateforme citoyenne a suspendu lundi soir son soutien aux réfugiés à la Porte d'Ulysse, le centre d'accueil situé à Haren, en Région bruxelloise, pour une durée d'au moins 24 heures. "La nuit d'avant-hier s'est avérée très difficile. Le dispositif a été très rapidement rempli et il s'en est suivi, d'abord au parc Maximilien par un groupe de personnes qu'on n'a pas forcément l'habitude de voir, mais qui, ces derniers temps, est de plus en plus fréquemment dans le parc", explique Mehdi Kassou, porte-parole de la plateforme citoyenne pour l'accueil des réfugiés, sur les ondes de La Première ce mardi matin.

Ces personnes se sont livrées à "des violences d'abord verbales, ensuite des provocations à l'encontre des usagers habituels. Puis ils se sont dirigés à une grosse dizaine vers le dispositif d'accueil à Haren. Ils ont refusé de laisser entrer les dernières personnes inscrites dans le bâtiment. Ensuite, c'est la violence qui a pris le pas. Des projectiles ont été jetés sur la façade, des vitres ont été cassées. On a dû se barricader à l'intérieur et appeler la police".

Résultat : "Plusieurs entrées ont été fracturées et des vitres ont été cassées. Donc il n'était plus possible d'ouvrir décemment le bâtiment lundi soir". Dans ce contexte, "il était important de pouvoir prendre le temps de communiquer avec les résidents du parc et de leur rappeler l'importance de ne pas répondre à ces provocations ou à cette violence par de la violence".

Des gens sédentarisés, majoritairement francophones

Selon Mehdi Kassou, les auteurs des violences "sont des gens qui, à nos yeux, subissent les conséquences dévastatrices de la rue. Ce sont des gens sédentarisés, majoritairement francophones. Il y a quelques semaines, on avait un public de sans-abri d'origine des pays de l'Est qui se mélangeait avec le public. Aujourd'hui, c'est plutôt un public dans lequel on retrouve des Belgo-Belges, puis des Nord-Africains, puis des personnes sans-abri".

Ce public, poursuit le porte-parole de la plateforme citoyenne, est "moins évident à gérer que celui qu'on gère à la Porte d'Ulysse qui, généralement, ne cherche qu'à répondre aux besoins les plus basiques, comme dormir, manger et se laver. Et de l'autre côté, il y a des gens pour lesquels il y a un suivi parfois médical, psycho-médical ou social important à faire. Ici, pour ce groupe en particulier, malheureusement,  ils ont été bannis de plusieurs dispositifs, dont le Samu social et  d'autres squats officiels cogérés avec la ville ou les autorités de Bruxelles. On est face aujourd'hui à un groupe de personnes qui nous empêche de travailler sereinement et qui surtout risque de provoquer des tensions et des bagarres. Là, ce serait le point de non-retour avec les usagers de la plateforme."

200 personnes dehors

La conséquence de cette fermeture, c'est que de nombreuses personnes ont passé la nuit dehors. Pour Mehdi Kassou, "c'est la partie la plus triste à nos yeux. On était tous très tristes à l'idée de savoir qu'a priori 200 personnes, peut-être plus, dormiraient au parc ou en tout cas autour du parc Maximilien. On a la chance de toujours avoir le dispositif Famille et les hébergements collectifs ailleurs à Bruxelles, en Wallonie et en Flandre, qui continuent d'accueillir. Et donc, la moitié du public du Parc a pu y être hébergée, mais c'est vrai qu'on a dû laisser derrière nous beaucoup de monde hier".

Cependant, les migrants présents lundi soir ont bien réagi à la décision de ne pas assurer d'accueil de nuit. "Dans la plus grande partie des cas, ils nous soutiennent dans cette démarche et certains nous disent que parfois ça peut être un très bon rappel. D'autres comprenaient moins pourquoi on ne pouvait pas ouvrir."

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