Télétravail : "Il y a moyen d’être beaucoup plus créatif que de dire : 'C’est deux jours par semaine'"

Depuis le début de la crise du coronavirus, le monde des entreprises a dû s’adapter à la situation sanitaire. Le télétravail a été conseillé, imposé et de nombreuses solutions ont été trouvées pour permettre cette nouvelle manière de travailler.

Le retour au travail n’est pas forcément synonyme de plus-value dans l’organisation quotidienne des travailleurs

Le télétravail s’est progressivement fait une place dans la société et nombreux sont ceux qui cherchent une hybridation entre le travail en présentiel et celui à domicile. Une organisation qui, avec l’amélioration de la situation sanitaire et la rentrée, va devoir être réfléchie car le retour en présentiel à 100% sera difficilement envisageable pour ceux qui ont pu télétravailler. "La rentrée va effectivement être compliquée parce que la vie quotidienne a changé et le retour au travail n’est pas forcément synonyme de plus-value dans l’organisation quotidienne des travailleurs", révèle Jean-Paul Erhard, spécialiste des questions d’organisation de travail et manager chez PeopleSphère.

Le présentiel pour le présentiel, ça ne suffit tout simplement pas

Pour cet expert, l’intérêt d’un retour en entreprise doit pouvoir être ressenti par les travailleurs. "Le présentiel pour le présentiel, c’est-à-dire demander à des collaborateurs de venir au bureau pour être au bureau, ça ne suffit tout simplement pas. Pour venir au bureau, il faut qu’il s’y passe quelque chose."


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De ce fait, le rôle des managers aura son importance. "Il y a effectivement un vrai travail à faire sur l’organisation du travail présentiel, un vrai travail de communication et d’animation en tant que tel. Le rôle d’un manager, c’est d’être disponible, d’être là. Parallèlement à ça, il va falloir remettre du collectif. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, quand on a besoin de l’équipe, quand on a besoin qu’on soit tous au bureau, télétravail, pas télétravail, on se mobilise."

Vers du télétravail qui s’adapte à la situation personnelle du travailleur

L’une des solutions permettant une meilleure qualité de vie mais aussi, peut-être, une meilleure productivité serait d’offrir aux travailleurs une plus grande flexibilité entre travail au bureau et télétravail. "La bonne approche, c’est une approche qui est personnalisée. La bonne manière d’appréhender le télétravail aujourd’hui, c’est de se dire : 'Dans quelle mesure notre organisation, notre entreprise, moi, en tant qu’employeur, petite ou grande entreprise, je suis en mesure d’offrir des situations personnalisées à mes collaborateurs ?'".

Il y a moyen d’être beaucoup plus créatif que de dire : 'C’est deux jours de télétravail par semaine'

Et pour arriver à cette situation personnalisée, il est nécessaire de ne pas se donner de limite et d’outrepasser certaines normes : "J’ai droit à deux jours de télétravail par semaine mais j’ai une famille monoparentale. Il y a une semaine où ça m’arrange et il y a une semaine où ça ne m’arrange pas. Est-ce que l’entreprise est en capacité de s’adapter à ça ? Oui. Deux jours, trois jours, il n’y a pas un tabou, il n’y a pas une règle. Ça peut être quatre jours, ça peut être une semaine en télétravail, une semaine pas en télétravail. Il y a moyen d’être beaucoup plus créatif que de dire : "C’est deux jours semaine". Même si ça semble introduire de la complexité…"


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Et cette complexité pourrait être facilement surmontée grâce aux outils qui ont vu le jour ou qui se sont améliorés avec le développement du télétravail dans le monde : "Il y a énormément qui s’organise technologiquement et de manière autonome par les travailleurs. Ça ne pose pas de soucis. Les plateformes technologiques permettent de faire ça. Et à partir du moment où on donne de l’autonomie aux travailleurs, c’est parfaitement réalisable."

Néanmoins, pour Jean-Paul Erhard, après cette année de pandémie où beaucoup de personnes se sont isolées, le retour des interactions sociales en présentiel sera capital."Il va falloir remettre le collectif au top parce que pendant la période de pandémie, on a hyper individualisé. Il faut créer des moments collectifs qui sont des moments où on célèbre, où on partage, où on réfléchit, où on développe de l’intelligence.", conclut le spécialiste.

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