Malgré les difficultés du secteur, nette hausse des immatriculations de camions

Taxe kilométrique, dumping... Mais nette hausse des immatriculations de camions
Taxe kilométrique, dumping... Mais nette hausse des immatriculations de camions - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

En avril dernier, les routiers bloquaient une partie du réseau belge pour protester contre la nouvelle taxe kilométrique. Le secteur se disait déjà en difficulté pour assumer des coûts supplémentaires.

Paradoxe ou pas, le porte-parole de la Febiac – Fédération belge de l'Industrie de l'Automobile et du Cycle – nous explique que le nombre d’immatriculations de poids lourds a nettement augmenté sur les sept premiers mois de l’année 2016 par rapport à 2015 pour la même période : "En 2016, les immatriculations de poids lourds de plus de 16 tonnes ont augmenté de 18% lors des sept premiers mois de l'année. Cela ne veut pas dire qu'il y a plus de poids lourds avec de nouvelles plaques belges".

Patron d’une société de transport, Alain Adriaens est à la tête d'une flotte qui compte une quinzaine de camions. Lorsqu'on lui fait part de cette augmentation de 18% de nouvelles immatriculations... Il a du mal à le croire : "L'heure n'est pas à l'achat de nouveaux véhicules. On peut éventuellement expliquer cela par un renouvellement de vieux camions. Mais pour l'instant, le secteur n'est pas riche. Donc les investissements sont plutôt limités dans les entreprises du transport".

Durant la dernière décennie, on a atteint un pic en 2009 avec près de 60 000 poids lourds sur le réseau routier. Crise économique oblige, le nombre diminue pour atteindre environ 56 500 camions en 2016.

Effet taxe kilométrique ou lutte contre le dumping social ?

Mais Johan Saveniers, le directeur commercial de Renault Trucks, confirme bien l'augmentation des immatriculations, car les ventes ont augmenté de 10% par rapport à 2015 : "On a eu une crise, et les clients n'osaient pas investir. Maintenant que l'économie reprend, ils vont réinvestir dans du nouveau matériel. Mais le plus important, c'est la taxe kilométrique. Par exemple, entre un vieux camion et un camion récent, il y a tout de même une différence de 2000 euros de taxe annuelle sur une distance de 40 000 km".

Cette taxe pénalise donc bien plus les vieux camions qui sont les plus polluants. Mais pour le secteur, il y a une autre raison qui peut expliquer la hausse des immatriculations. Une raison évoqué par Michaël Reul, le secrétaire-général de L'Union Professionnelle du Transport (UPTR) : "Une autre raison est peut-être que les mesures prises pour lutter contre le dumping social portent aujourd'hui les premiers effets pour justifier cette augmentation d'immatriculations. Peut-être que certains ont quitté leur filiale dans les pays de l'Est pour revenir chez nous".

Une taxe kilométrique et écologique, un contexte économique plus favorable, et la lutte contre le dumping social expliquent ensemble cette hausse d'immatriculations dans un secteur qui se dit pourtant en difficulté.

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