"T’as fait imprimer ton vaccin ?" Le jeune chercheur belge et l’imprimante à vaccins contre le Covid-19

Alors que le programme humanitaire Covax peine à distribuer des doses de vaccins anti Covid 19 dans les pays les plus pauvres, des chercheurs travaillent pour permettre à ces pays de produire eux-mêmes leurs vaccins. Comment ? Grâce à une imprimante à vaccins.

Pas de médecin, pas d’infirmière, pas de seringue

Un jeune bioingénieur belge de l’UCLouvain, Aurélien vander Straeten, a travaillé durant deux ans au sein d’une équipe du très célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology), le temple universitaire de la technologie au Massachussetts, afin de trouver une solution pour administrer les vaccins de façon autonome, c’est-à-dire, sans médecin, sans infirmière et sans seringue.

L’idée de base de cette équipe multidisciplinaire très motivée, était " De ne plus faire des vaccins avec des seringues, pour lequel on a besoin d’un personnel médical qualifié, et qui en plus, produit des déchets. Le but est d’administrer ces vaccins à l’aide de petits patchs qui font la taille d’un timbre, et qui contiennent une centaine de micro-aiguilles, à appliquer sur la peau. Ces mini-aiguilles pénètrent dans le derme de manière superficielle (moins d’un millimètre), puis se dissolvent et relâchent le vaccin ", explique-t-il.

Des aiguilles à base de sucre fabriquées par une imprimante 3d

Pour que les aiguilles puissent se dissoudre facilement, elles ont été fabriquées à base de sucre. Aux yeux de notre bioingénieur, la recette semble simple : " Le sucre est dissous dans l’eau et la solution est asséchée dans un moule. On obtient alors un moule négatif des aiguilles, dans lequel on entre la solution. Pour terminer, on fait sécher le tout et on obtient un timbre ".

Ce type de patch a déjà été développé il y a une dizaine d’années aux Etats-Unis, mais dans ce cas-ci la nouveauté, c’est la manière de les produire.

Pour ce faire, ils ont utilisé une imprimante 3d. "Le challenge, a certes d’abord été de parvenir à mettre le vaccin dans les aiguilles, mais ensuite le projet était d’élaborer une machine qui puisse fabriquer ces vaccins, pour pouvoir l’envoyer Afrique et imprimer les patchs de vaccins sur place et les appliquer immédiatement ". " C’est tout bénef ", ajoute-t-il satisfait : "De cette manière, on peut être très réactifs et même imprimer des patchs spécifiques à certains variants du Covid "

Une méthode prometteuse, en phase de développement

Pour l’heure, les vaccins imprimés grâce à cette méthode ont été testés sur des souris, qui ont reçu le patch avec un vaccin ARN contre le Covid, similaire aux vaccins Moderna ou Pfizer. Ces essais ont pu confirmer leur fonctionnement sur un modèle animal. Reste à présent à tester des animaux plus complexes, comme le hamster ou le singe, avant de passer à l’homme, si les résultats précédents sont concluants.

Une utilité à long terme ?

Si on table sur l’idée scientifique que le dérèglement climatique pourrait être responsable d’autres pandémies transmises par les animaux, ce type de méthode de fabrication a de l’avenir. Actuellement, les pays en voie de développement sont dépendants de notre " générosité ".

Or, on compte 5,7 milliards de doses de vaccins administrés dans le monde, contre 67 millions envoyés dans les pays pauvres grâce aux dons de 124 pays participants.

L’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé, a défini un cadre de valeurs pour les vaccins anti Covid-19. Ils doivent être un bien public mondial, et doivent, " Garantir l’équité de l’accès aux vaccins et des avantages de la vaccination, à l’échelle mondiale, parmi les peuples de tous les pays, en particulier ceux qui vivent dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires". Le chemin pour y parvenir risque encore d’être long.

Nouvelle mission dans la continuité

Aurélien vander Straeten quant à lui, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin puisqu’il vient d’intégrer l’une des filiales du groupe Univercells, basée à Nivelles, en vue d’améliorer l’accès aux vaccins, partout dans le monde.


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