Syndrome de KISS: "J'ai vécu un cauchemar" avec mon bébé

Molly, neuf mois, est un bébé bien dans sa peau
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Molly, neuf mois, est un bébé bien dans sa peau - © RTBF

Jeune maman d’un enfant de quatre mois, Marlène a vécu « l’enfer ». Molly, son bébé, pleurait en permanence, l’allaitement était un calvaire, les nuits aussi. « Elle hurlait du matin au soir. On voyait que ça n’allait pas. On me disait que c’était normal, qu’un bébé ça pleure. Mais moi, ça m’a alerté, ce n’était pas normal », explique-t-elle.

Pour la pédiatre, c’était des coliques. Mais les médicaments n’y ont rien changé. Ses parents l’ont également emmenée voir un ostéopathe, un kinésiologue. Mais rien n’y fait.

Finalement, c’est sur les réseaux sociaux que Marlène tombe sur ces mots : syndrome de KISS. L’acronyme de Kopfgelenk Induziert Symetrie Störungen qui peut se traduire par « Troubles de symétrie induits des vertèbres cervicales ». Un blocage de la nuque qui peut entraîner des perturbations de la symétrie (corps en forme de C, tête plate…), des problèmes nerveux (irritabilité, difficultés d’endormissement…), digestifs (difficulté à déglutir, reflux…), des poussées de fièvre à la cause non identifiée…


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Des témoignages comme celui-là, nous en avons reçu une bonne dizaine. « Dès le premier jour, c’est un bébé qui a énormément pleuré. A chaque fois qu’on le bougeait, qu’on le changeait de position, qu’on l’habillait… Un bébé qui avait énormément de reflux, au point que je n’ai jamais, absolument jamais, pas même une minute, pu le poser à plat. Même pour dormir. Je le gardais sur moi en permanence, sous les regards condescendants de certaines personnes de mon entourage et même du corps médical, parfois encore trop frileux à reconnaître la souffrance du bébé, préférant parler d’inconfort à la place », explique Amandine.

Cauchemardesque

« Bébé pleurait tout le temps, ne dormait que par tranches de 20 minutes. Je l’ai porté dans mes bras uniquement jusqu’à ses 8 mois environ et je mettais trois heures, tous les soirs, pour l’endormir (il se réveillait toujours 1h30 après, puis une heure de réveil, une heure de sommeil et ainsi de suite toute la nuit). Cauchemardesque », nous rapporte Claire.

Toutes décrivent cet « enfer », cet enfant en souffrance, ces nuits sans sommeil, ces pleurs constants. Et ce parcours du combattant, de pédiatre en ostéopathe, voire des passages par les urgences. « On a changé de pédiatre. On lui expliquait notre quotidien en pleurs. Ses conseils : le laisser pleurer, arrêter de le faire dormir sur moi », nous explique Lindsay, qui maintenant en rit : « Nous avons même consulté une magnétiseuse à ce moment-là ».

Avec cette idée d’être de mauvais parents, de faire mal les choses.

Tous ces parents sont tombés sur le syndrome de KISS par hasard, en demandant de l’aide sur les réseaux sociaux ou en en parlant autour d’eux.

Un syndrome peu connu et reconnu

Le syndrome de KISS est en effet peu connu du grand public et du monde médical. Il n’existe aucune preuve scientifique qu’il existe bien. C’est le médecin manuel allemand Heiner Biedermann qui l’a décrit. Fort de 30 années d’expérience et de dizaines de milliers de bébés qu’il a vu – et traités –, il a mis en avant ce syndrome. Et a développé une manière de le traiter, par une manipulation manuelle.

En Belgique, quelques thérapeutes (ostéopathes, chiropracteurs) sont formés à ce syndrome. Eddy Lippens, ostéopathe à Paliseul et Machelen, en fait partie. Ce jour-là, il reçoit dans son cabinet la petite Soraya (prénom d’emprunt). Sa maman soupçonne que sa fille est atteinte du syndrome de KISS. Après un examen rapide, le verdict tombe : c’est bien ce syndrome. Eddy Lippens propose à la maman de lui débloquer la nuque.

La manœuvre est impressionnante, mais pas dangereuse ni douloureuse, selon lui. « Je lui fais une manipulation musculaire. C’est très efficace pour le syndrome de KISS. On sent le muscle qui est fort tendu autour des vertèbres. On donne un très rapide 'impulse' sur le muscle et il se détend. »

La petite devra revenir pour un contrôle dans six semaines. Et pour décoincer son bassin également, avant le quatre-pattes. Mais elle devrait déjà aller mieux après cette première séance.

La maman éclate en sanglots de soulagement. « On espère vraiment que ça ira au mieux pour elle dans son évolution. »

Molly, elle, va beaucoup mieux. Elle a maintenant 9 mois. Après sa première séance de manipulation, à 4 mois, ses parents nous disent avoir redécouvert un « nouveau bébé », un bébé qui sourit, un bébé qui rigole, un bébé apaisé.

Selon Heiner Biedermann, 3 à 5% des bébés souffriraient du syndrome de KISS. Il faut rester prudent, cependant, tous les bébés présentant des symptômes tels que du reflux, un torticolis ou des pleurs ne sont pas atteints de ce syndrome. Ces symptômes se soignent donc avec d’autres traitements, par exemple médicamenteux.  Et les manipulations dans la zone de la nuque ne sont pas à prendre à la légère...

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