Syndrome aérotoxique: une maladie pas reconnue et dangereuse pour les pilotes?

Rien ne prouve actuellement que ce syndrome aérotoxique existe.
Rien ne prouve actuellement que ce syndrome aérotoxique existe. - © DIRK WAEM - BELGA

Deux pilotes américains ont porté plainte contre l'avionneur Airbus. Motif : ils seraient tous deux victimes du syndrome aérotoxique aussi connu sous le nom de fume event. Pour l'instant, les conséquences de ces émanations toxiques qui s'échapperaient du système de pressurisation des cabines des avions ne sont ni reconnues ni prouvées. Pourtant, des études et autres statistiques officielles françaises attestent de la possibilité de contamination de l'air. Qu'en est-il ? 

En moyenne, ces échappées toxiques surviendraient tous les 2000 vols, selon l'industrie aéronautique française. Une "odeur de chien mouillé" qui atterrit dans les narines du personnel de bord. Si les conséquences sur l'organisme ne sont pas systématiques, elles peuvent aller jusqu'à des étourdissements, des gestes incohérents, une perte de force, etc. 

En France, une association des victimes du syndrome aérotoxique (AVSA) a vu le jour en mars 2016 suite à l'absence de reconnaissance de la possible maladie. Leurs buts étant d'assister les familles des victimes, d'informer et de procéder à des dépistages des substances toxiques afin de, à termes, démontrer l'existence de la nocivité. 

Trop tôt pour affirmer quoi que ce soit

En Belgique comme en France, le syndrome aérotoxique n'est pas reconnu voire pas connu du tout. Après avoir questionné plusieurs pneumologues, spécialistes de l'aéronautique, pilotes, tous s'accordent sur un son de cloche : ce n'est pas impossible, mais personne ne s'en plaint et, surtout, personne n'en parle. Un pilote d'Airbus confie que "l'air dans l'avion n'est pas très bon, c'est un fait et il ne vaut pas celui qu'on peut respirer dans son jardin", mais de là à parler d'une quelconque maladie, non. 

Ou plutôt "pas encore". Un médecin militaire spécialisé dans l'aéronautique nuance : "il m'est arrivé d'être questionné deux-trois fois par des pilotes qui en ont entendu parler et se demandent si ça existe, mais ce ne sont, à ce stade, que des rumeurs et il est vraiment trop tôt pour en parler". 

Quelques laboratoires et chercheurs anglais ou suisses se sont penchés sur la question et s'interrogent sur l'existence d'un tel syndrome, mais rien ne conclut encore clairement que les possibles échappées toxiques nuisent à la santé de l'équipage. Ce qui semble certain, c'est que les passagers n'ont aucun souci à se faire à ce stade.

En Belgique, aucune étude n'a encore vu le jour sur le sujet et rien ne laisse présager que le syndrome aérotoxique soit une priorité pour laquelle des moyens seront alloués.

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