Surproduction d'électricité et prix négatifs : qui y gagne vraiment ? Et que faudrait-il faire ?

Des prix de l'électricité négatifs sur le marché de gros ce dimanche. Quelles conséquences ?
Des prix de l'électricité négatifs sur le marché de gros ce dimanche. Quelles conséquences ? - © CHRISTOPHE TOFFOLO - BELGAIMAGE

La Belgique vit une situation particulière en regard de l’actualité récente autour de la production d’électricité. Il y a encore quelques mois, le pays ne disposait que d’une centrale nucléaire sur sept. Le prix de l’électricité sur le marché de gros avait atteint les 500 € le mégawattheure en novembre.

Aujourd’hui, la situation est toute autre. Nous disposons à présent de six centrales nucléaires. Et puis, il y a aussi la météo, avec des rafales qui permettent de faire tourner les éoliennes à plein régime, ajoutez un beau soleil, bref, vous l’aurez compris, la production d’électricité est importante ces jours-ci.

Conséquence sur le marché de gros, le prix du mégawattheure est aujourd’hui négocié à 13 € le mégawattheure et parfois même des prix en dessous de zéro.

Qu’est-ce que cela implique ?

Qu’est-ce que cela implique ? C’est la question que nous avons posée à Stéphane Bocqué, porte-parole de la FEBEG, la fédération des producteurs d’électricité, des négociants et des fournisseurs d’électricité et de gaz.

La production et la consommation d’électricité doivent être équilibrées de sorte à ce que le marché soit en équilibre et ne s’effondre pas. Lorsqu’il y a trop de production, comme aujourd’hui par exemple, les marchés à court terme tendent à baisser leur prix, voire à avoir des prix négatifs pour dissuader les producteurs de produire.

Les premières à arrêter sont les centrales à énergies fossiles, au gaz en Belgique et au charbon en Allemagne, etc. Ils sortent donc du marché pour laisser la priorité aux énergies renouvelables (l’éolien et le solaire) sur le marché.

Des changements à venir

Il y a une certaine flexibilité dans ce marché, mais la transition énergétique implique un changement complet de philosophie. Avant, la production suivait la consommation. Demain, la demande va devoir suivre beaucoup plus la production.

On va d’une manière ou d’une autre tenter de stocker l’électricité. Soit via des centrales comme celle de Coo (centrale d’accumulation par pompage / énergie hydroélectrique), soit par des systèmes thermiques, etc.

Ces moyens devraient, lorsqu’il y a trop de production, permettre de ne pas perdre cette énergie, la stocker et la restituer plus tard lorsque ce sera nécessaire. Mais ça, c’est l’avenir…

Les prix négatifs actuels vont-ils influencer nos factures ?

Ces mouvements à très court terme ont très peu d’influence sur la facture, parce que la plupart des particuliers ont des contrats à prix fixe.

Par contre, pour certains industriels qui ont des contrats à court terme c’est une aubaine, parce qu’ils peuvent acheter de l’électricité à très bon marché, voire à un prix négatif.

On peut donc payer des entreprises pour rétablir une sorte d’équilibre ?

Les grosses entreprises sont actives sur le marché de la flexibilité.

En d’autres termes, elles peuvent être, soit rémunérées pour consommer de l’électricité lorsque la production est importante, soit à d’autres moments, refréner leur production pour consommer moins d’énergie et à ce moment-là être payé pour ne pas consommer d’électricité.

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