Surendettement: les jeunes adultes plus vulnérables

Fin 2014, les jeunes (18-34 ans) représentaient près de 20% des crédits en Belgique
Fin 2014, les jeunes (18-34 ans) représentaient près de 20% des crédits en Belgique - © Tous droits réservés

Ce lundi 12 mars commencera la troisième édition de la Semaine de l’Argent. Pendant sept jours, plus de 70.000 élèves de primaire participeront à des actions de sensibilisation et à des débats autour des questions d’argent. Parmi les thèmes abordés, celui du surendettement chez les jeunes retient l'attention.

Les jeunes remboursent moins

Selon les données de la Centrale des crédits aux particuliers de la Banque Nationale, les emprunteurs les plus jeunes (18-34 ans) seraient les plus concernés par les défauts de paiement. En 2013, un jeune emprunteur sur dix présentait une défaillance de remboursement d’au moins un crédit à la consommation.

Jonathan a 28 ans. Il connait bien les crédits à répétition. Depuis dix ans, il vit dans une situation de surendettement. "C’est un enchainement de circonstances", explique le jeune homme. "Tout a commencé quand j’ai eu 18 ans. Je me suis laissé entraîner dans un crédit d’une télévision en pensant que c’était un bon plan. Ça a commencé comme ça." Petit à petit, Jonathan empile les emprunts. "Un jour j’ai vu que je pouvais aller en négatif sur un compte bancaire. Donc je me suis permis de le faire en me disant qu’emprunter de l’argent, c’était facile. Sauf que ce n’est pas du tout le cas." Résultat : les factures s’accumulent, les frais de justice aussi. Rapidement, la situation devient "ingérable" pour le jeune homme.

"Une forme d’inconscience"

Des jeunes comme Jonathan, il en existe beaucoup. Pour Anne Defossez, directrice du Centre d’Appui aux services de Médiation de Dettes, les 18-24 ans sont particulièrement vulnérables face au surendettement. "Les jeunes sont plus sensibles aux techniques de marketing, qui sont de plus en plus subtiles. Ils ont aussi une attitude très différente par rapport au crédit. Par rapport à avant, ils vont plus facilement acheter à crédit. Ajoutez à cela des revenus pas très sûr, et des connaissances financières lacunaires."

Un constat que partage Jonathan : "Une part de moi savait qu’emprunter de l’argent coûtait de l’argent. Mais il y avait une forme d’inconscience. On voit juste le bénéfice, on pense qu’on va pouvoir acheter un beau téléphone pour presque rien." Sans emploi à l’époque, Jonathan veut "être comme tout le monde", et  "pouvoir aussi dépenser un peu de sous".

Sortir la tête de l’eau

De nombreux services de médiation de dettes existent à Bruxelles et en Wallonie. Destinés aux personnes déjà surendettées, ils les aident gratuitement à négocier des plans de paiement avec leurs créanciers. Jonathan bénéficie de ce service. "Depuis ma médiation de dettes, tout se passe beaucoup mieux pour moi", témoigne le jeune homme. "Je trouve des solutions et je sors la tête de l’eau."

Pour Anne Defossez, la meilleure solution contre le surendettement reste la prévention. "C’est la réflexion à l’école, mais aussi après avec les jeunes qui démarrent dans la vie. La prévention peut les aider à avoir plus de connaissances sur les crédits, à mieux gérer un budget, ou encore à savoir comment payer leurs factures quotidiennes."

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