Sur la route du Tour de France, certains sont prêts à se battre pour un bob Cochonou

D’année en année, les sujets des journaux télévisés passent et se ressemblent. Le Tour de France est inséparable de sa caravane publicitaire. Et chaque fois ce sont les mêmes marques qui reviennent à l’esprit : le saucisson Cochonou et son bob à carreaux, l’eau Vittel, les madeleines Saint-Michel, les bonbons Haribo, le sirop Teisseire…

Les chiffres de la caravane donnent le tournis. En 2017, on comptait 170 véhicules représentant quelque 35 marques. Le tout étalé sur 12 km pour distribuer 18 millions d’objets aux milliers de spectateurs qui auront droit à 35 minutes de "spectacle".

Le concept de caravane publicitaire, officialisé au début des années 30 par Henri Desgranges, est l’une des clés du succès de l’événement.

"Pratiquement 48% du public vient uniquement pour la caravane publicitaire", expliquait en 2017 Aurélien Janssens, directeur de la caravane publicitaireLe public vient sur la route vers nos véhicules et, après la course, ils s’écartent beaucoup plus pour regarder."

Du côté des entreprises, on se félicite des retombées commerciales. Et on joue la carte du patrimoine. Ainsi, le site officiel de Cochonou loue, non sans lyrisme, les qualités de son bob "avec sa jolie robe vichy rouge et sa forme indémodable". Et d’ajouter : "N’ayons pas peur des mots, depuis 2005, date de sa création, le Bob Cochonou est rentré directement au panthéon des chapeaux français." Rien que ça.

Il faut dire que la marque qui appartient au mexicain Sigma Alimentos est partout dans la caravane. Pas moins de quatre types de véhicules déclinés de la célèbres 2CV (il y a en sept au total) prennent la route : berline, camionnette, charcutière et limousine. Ensemble, ils distribueront cette année environ 10 tonnes de saucissons sous forme d’échantillons. En 2018, cela fera d’ailleurs 20 ans que le Cochonou prend part à l’aventure. Pour fêter ça, l’entreprise prévoit de distribuer… un bob collector, forcément.

Les gens se battent pour du saucisson

Derrière la vitrine publicitaire, le quotidien des saisonniers est pour le moins sportif. Lever aux aurores pour entretenir les véhicules, chargement des échantillons, distribution des cadeaux malgré la chaleur ou la pluie… "Les gens deviennent hystériques", racontait en 2017 à RMC un jeune homme engagé par l’un des sponsors du tour. Il l’assure : certains sont tellement avides de cadeaux qu’ils sortent les griffes. "Quand tu rentres le soir, surtout au début, tu as les mains déchiquetées jusqu’aux avant-bras, avec des grandes griffes jusqu’au sang. Tu ne peux pas mettre de manches longues, il fait trop chaud."

"On a vu des bagarres, raconte un autre habitué, employé par Cochonou et cité par le site internet Rue 89 en 2013Les gens se battent pour du saucisson. Par mesure de sécurité, on ne lance plus de cochon lorsqu’on s’arrête. Si on commence, tout le monde en voudra. Parfois, les gens essayent d’attraper les bobs sur nos têtes. En montagne, les gens frappent aux carreaux. On flippe un peu."

Certains tentent même d’en tirer profit. Sur ebay, la recherche "bob cochonou" renvoie des dizaines de résultats. Le couvre-chef se vend entre 7 et 20 euros… Certains tentent d’ériger au statut de relique "rare" et "collector" un objet ramassé gratuitement au bord de la route.

Archive 27 juillet 2001 : la caravane publicitaire du Tour de France

Archive de juillet 1972 : les petits métiers du Tour de France

En juillet 1972, l’émission de la RTB "Ça c’est du sport" va à la rencontre de ceux qui exercent des métiers indispensables à la bonne marche du Tour de France : motards, photographes, gendarmes, mécaniciens… et vendeurs de journaux. Cette dernière tâche est particulièrement éprouvante. Les vendeurs marchent le long du parcours pour distribuer les quotidiens et magazines fraîchement imprimés aux spectateurs.


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