Suicide dans le crash de l'A320? "Le soutien aux autres fout le camp"

Suicide dans le crash de l'A320? "Le soutien aux autres fout le camp"
Suicide dans le crash de l'A320? "Le soutien aux autres fout le camp" - © OLIVER BERG - BELGAIMAGE

Les dernières informations sur le crash de l'A320 de Germanwings posent de nombreuses questions, qui se focalisent sur la personnalité du copilote de l'avion. Qu'est-ce qui pourrait expliquer ce geste funeste? Était-ce un suicide? Le psychologue Isidore Pelc tente d'apporter un éclairage.

"Il y a évidemment divers cas de figure en fonction de la personne qui subit ce genre de phénomène". Pour Isidore Pelc, psychologue médical et professeur émérite à l'ULB, le fait de vouloir se tuer et entraîner avec soi d'autres personnes reste cependant assez rare. "Habituellement, quand nous en parlons avec des personnes qui ont réchappé à ce genre de situation, ils disent 'Je n’ai pensé qu’à moi. Et les autres, je n’y pensais plus du tout, je n’avais qu’une seule idée, c’est d’aller me tuer'".

Isidore Pelc souligne la situation mentale particulière dans laquelle peut se trouver une personne en détresse : "Elle souffre réellement. Elle n’est plus dans la logique de monsieur ou madame tout le monde, elle ne voit plus du tout la vie extérieure ni sa propre vie intérieure comme tout le monde". Au point d’entraîner 149 personnes avec soi ? "Habituellement non. Il faut se mettre à la place d’un déprimé grave ou d’un suicidaire. La vie n’a plus aucun sens. Plus rien n’a d’importance, ni l’humain, ni les autres ni le monde. On se dit je serai plus libre je serai mieux si je ne vis plus".

"On en veut à la société toute entière"

"On est envahi, c’est une obsession. Pourquoi entraîner 149 personnes dans sa mort ? Peut-être était-il, comme on peut dire dans notre jargon, en burn-out". Isidore Pelc explique, comme le mot le dit en anglais, qu'à ce moment-là, ces personnes sont "consumées". "Peut-être que cette personne avait des problèmes dans son travail, avec ses amis… Et avait peut-être un compte à régler avec la société toute entière".

"C’est de la faute à quelqu'un ou à quelque chose, la compagnie ou la société. Et cette société n’a plus aucune importance".

Le psychologue souligne le manque de réponses disponibles de nos jours face à de telles situations. "C'est de la sauvagerie sociale, ce qui se passe entre les gens. Aujourd'hui, dans la société les liens d’amitié ou d’altruisme sont en train de foutre le camp".

Or, si une personne est dans ce cas de figure, elle a besoin de l'aide des autres. Les examens psychologiques en entreprise ne sont dans ces cas-là pas la panacée : "On sait que dans une entreprise, tout ce qu’on va dire sera connu par entreprise. On peu cacher".

Et de conclure que les signes avant-coureurs pouvaient être décelables par des proches par exemple. "C’est aux autres à être attentifs : les amis, les copains et pas seulement les employeurs".

RTBF

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK