Suède: troisième nuit d'émeutes à Stockholm, les incidents se multiplient

La troisième nuit d'émeutes dans les banlieues de Stockholm pointe une hausse des inégalités et une diminution du rôle de l'Etat en Suède
La troisième nuit d'émeutes dans les banlieues de Stockholm pointe une hausse des inégalités et une diminution du rôle de l'Etat en Suède - © JONATHAN NACKSTRAND

Les incidents entre forces de l'ordre et jeunes se sont multipliés à Stockholm et dans sa banlieue dans la nuit de mardi à mercredi, pour la troisième nuit consécutive, amenant le Premier ministre suédois à dénoncer des actes de "hooliganisme".

"Lors des 24 dernières heures, une trentaine de voitures ont été incendiées dans la région capitale", a indiqué un porte-parole de la police de Stockholm.

Dans deux des banlieues les plus défavorisées, et où la population d'origine immigrée est la plus forte, les fauteurs de troubles ont provoqué des incendies dans une école, à Skärholmen, et une crèche, à Husby, et ont lancé des pierres sur les pompiers et la police et sur leurs véhicules, a ajouté le porte-parole.

La mort d'un homme de 69 ans, abattu par la police alors qu'il menaçait des policiers d'une machette serait à l'origine des incidents qui ont éclaté dimanche soir à Husby avant de se propager à d'autres endroits, du Nord-Ouest au Sud de Stockholm.

A Husby, la police a arrêté un homme dans le cadre de l'enquête sur l'incendie d'un centre d'expression artistique.

Mercredi, le Premier ministre Fredrik Reinfeldt a affirmé que "chacun (devait) prendre ses responsabilités pour rétablir le calme".

"Il est important de se rappeler que brûler la voiture de son voisin n'est pas un exemple de la liberté d'expression, c'est du hooliganisme", a-t-il déclaré à l'agence de presse suédoise TT.

Mardi, il avait attribué certains des problèmes des banlieues les plus pauvres à l'échec des politiques d'intégration des immigrés.

Depuis l'entrée de l'extrême droite au Parlement en 2010, les questions d'immigration ont été de plus en plus présentes dans le débat public en Suède.

Essentiellement provoquées par des jeunes, ces émeutes relancent donc le débat sur le chômage des jeunes et l'immigration. Elles soulignent aussi la forte diminution du rôle de l'Etat en Suède depuis les années 1990, qui a entraîné la hausse des inégalités la plus forte de tous les pays membres de l'OCDE.

Un parti anti-immigration, les "Démocrates suédois", arrive en troisième place dans les sondages pour les élections législatives de l'an prochain.

La population suédoise d'origine étrangère approche les 15%, soit la proportion la plus élevée de tous les pays scandinaves. Parmi cette population, le taux de chômage est de 16%, contre 6% pour les Suédois "de souche", selon les chiffres de l'OCDE.

Belga avec Reuters

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