Stress-tests nucléaires: les centrales françaises mal classées

Stress-tests nucléaires: les centrales françaises mal classées
Stress-tests nucléaires: les centrales françaises mal classées - © AFP

Les centrales nucléaires européennes devront subir un sérieux lifting pour assurer leur sûreté et leur sécurité. Une remise à niveau évaluée entre 10 et 25 milliards d'euros. Dans certains cas, ces opérations sont en cours, ailleurs, elles sont projetées, tout devrait être réalisé pour fin 2015.

Après la catastrophe nucléaire de Fukushima, l'Europe avait décidé de tester la résistance de ses centrales. Des "stress-tests" qui s'achèvent et dont le Commissaire européen à l’Énergie présentera les résultats ce mercredi à ses collègues de la Commission et ensuite aux États membres. Mais le rapport a déjà "fuité" et révèle notamment que des investissements colossaux (de l'ordre de 10 à 25 milliards d'euros) devraient être consentis pour remettre au niveau des standards internationaux de sécurité les centrales européennes.

La Belgique parmi les bons élèves... Avant les problèmes à Tihange et Doel

Les réacteurs belges se sortent bien de cet examen qui ne tenait toutefois pas compte des déboires récents de Doel 3 et Tihange 2.

Malgré des critiques initiales adressées à des stress-tests considérés comme trop théoriques, leurs résultats sont loin d'être anodins. Les régulateurs européens adressent aux exploitants des 134 réacteurs un bulletin "peut nettement mieux faire". Il faut élever le niveau de sûreté et de sécurité des réacteurs, dans des mesures évidemment diverses selon les pays et le type de réacteurs.

Difficile de faire un classement car un réacteur considéré généralement comme sûr par les experts, par exemple sur cinq critères, peut s'avérer en défaut sur un sixième critère très gênant. Si on retient les mauvais points d'une part, mais contrebalancés par les bonnes pratiques d'autre part, les centrales belges, hollandaises, allemandes, hongroises et suédoises se distinguent.

Les centrales françaises en bas de classement

Mais en Suède par exemple, une bonne centrale a un très mauvais critère parce que, en cas de panne électrique totale, elle n'a qu'une heure de réserve de courant pour rétablir ses fonctions de sécurité.

Les allemandes, bien classées, n'ont pas de bon plan de gestion d'une crise grave. Au milieu du classement les anglaises, espagnoles, et en fin de classement, les bulgares, tchèques, slovaques, roumaines.

Assez préoccupant le fait que les centrales françaises sont mal classées. Leurs probabilités de tremblement terre ou d'inondations ne sont pas fiables et leurs systèmes de secours ne sont pas assez protégés. Par contre, elles sont mieux équipées que d'autres contre les explosions d'hydrogène.

Le document rappelle que les normes de sureté et de sécurité sont très disparates dans une Europe qui n'a pas de compétence en la matière, il propose donc une nouvelle directive pour permettre des standards de sécurité élevés et communs.

Marc Molitor avec Ju. Vl.

 

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