Stress, fatigue, horaires: un infirmier sur quatre au bout du rouleau

Une infirmière prodiguant des soins dans un hôpital. (illu)
Une infirmière prodiguant des soins dans un hôpital. (illu) - © Angelika Warmuth (archives EPA)

Les infirmiers et infirmières vont mal. Telle est la conclusion majeure d'une étude internationale parue dans le British Medical Journal. En Belgique, plus de 3000 professionnels venant de 67 hôpitaux ont été sondés. Résultat : dans notre pays, un infirmier ou une infirmière sur quatre se dit "en burnout". Et un sur trois veut quitter son emploi.

Isabelle Wille est infirmière dans le service de chirurgie cardiaque de l'hôpital Saint-Luc. La pression du métier a failli avoir raison de sa motivation. "En fait il y a 5 ans, j'ai presque fait un 'burnout'. J'ai dû remettre les choses au point parce que je repartais fatiguée, pas contente de ce que j'avais fait. Maintenant, j'ai pris le parti, je termine ce que je fais, même si je fais des heures supplémentaires mais au moins ça me permet de continuer", indique-t-elle.

Isabelle a choisi de travailler à mi-temps. Dans son équipe, seules quatre personnes sur 20 travaillent à temps-plein. Le temps partiel, c'est une façon de tenir dans ce métier. Si on évoque souvent les horaires impossibles, ce n'est pas la seule difficulté.

"Il y a aussi le fait qu'aujourd'hui, on nous pousse à avoir des durées de séjour très limitées car les remboursements sont de plus en plus limités, ce qui veut dire que les patients présents sont forcément des patients qui sont instables et fragiles", indique Laurence Hodie, infirmière-chef. "À côté de cela, ce que nous subissons sans cesse et de plus en plus, ce sont des interruptions intempestives à tout moment dans notre démarche de soins."

Difficile d'assurer la sécurité des patients dans ces conditions. C'est un stress supplémentaire.

Primes salariales: la fausse bonne idée

Pour rendre le métier plus attractif, des primes salariales sont proposés à certains profils d'infirmiers.

"Mais cela ne change pas les conditions dans lesquelles les infirmiers ont à travailler", note Etienne Vermeiren, de la cellule d'accompagnement du personnel. "C'est une prime qui devrait leur permettre de supporter l'insupportable, ce qu'on ne peut évidemment pas accepter."

Pour lui, il faut donc de toute urgence mener une réflexion de fond sur le métier d'infirmier.

PIAB, avec Daphné Van Ossel

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