Stop à la garde alternée pour les bébés ?

Stop à la garde alternée pour les bébés ?
Stop à la garde alternée pour les bébés ? - © rtbf

Lorsqu'un couple se sépare, la garde parentale partagée est envisagée pour les enfants, mais le problème est souvent réglé au cas par cas. Aujourd'hui, de manière un peu surprenante, une association déconseille l'alternance pour les bébés. C'est soit la mère, soit le père.

Louis a douze ans. Il vient d'entrer en première humanité et comme de nombreux enfants, ses parents sont divorcés. Son quotidien est donc celui d'une famille recomposée. Lorsque ses parents se sont séparés il y a dix ans, ils ont donc dû régler la délicate question de la garde de Louis. A l’époque, ils ont pris les conseils d’un pédopsychiatre qui leur a dit qu’il était difficile pour un jeune enfant d’être séparé de l’un ou l’autre parent toute une semaine.  

Une garde alternée particulière à succès

Ils ont alors opté pour une garde alternée un peu particulière. Louis aura toutes ses affaires en double chez papa et chez maman. Et il ne passera pas plus de trois jours sans voir un de ses parents. "On a vu Louis s’épanouir ", dit sa maman, Véronique, "puis lorsqu’il avait quatre ou cinq ans, il est rentré un jour de l’école en disant qu’il avait de la chance de ne pas être tiraillé entre ses parents".

Pour Louis, c’est la bonne méthode : "car lorsque j’étais chez papa je savais que je retournerais bientôt chez maman et l’inverse aussi", témoigne-t-il.  

Qu’en est-il des tout petits ?

Des divorcés qui parviennent à s'entendre et à être tous deux présents dans la vie de leur enfant, semble idéal pour les enfants de plus de trois.  Mais en ce qui concerne les plus petits, plusieurs études dénoncent les méfaits d'une garde partagée. L'enfant serait trop balloté et perdrait ses repères. "L’enfant doit pouvoir créer des liens avec une personne de référence car ils construisent sa référence de base", explique Dominique Charlier, pédopsychiatre à l’Hôpital Saint-Luc. "Si l’enfant perd trop longtemps sa maman ou son parent maternant, il tombe dans une sorte de vide, surtout lorsqu’il est tout petit et qu’il n’a pas encore acquis le langage".  

Qui doit être la personne de référence ?

Beaucoup estiment que c'est le rôle naturel de la maman, mais différents courants de pensée s'affrontent sur le sujet.  Pour Olivier Limet, coach parental, l'essentiel est surtout la stabilité de l'enfant. "Les choses ont changé et aujourd’hui les deux parents peuvent prendre davantage leur place commune dans l’éducation, même des plus petits enfants, en étant attentifs à ses besoins de sécurité".

Il n’est pas aisé de tirer des règles générales dans un domaine aussi délicat que celui-ci où chaque situation doit faire l'objet d'une analyse au cas par cas.

I.L. avec Laurent Mathieu

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