"Stop à la dérive de la chasse": "Ils ne jouent pas leur rôle de régulateurs, 40% des forêts wallonnes sont dégradées"

Nourrir les sangliers plutôt que les réguler, pour s'assurer de chasses giboyeuses: une pratique dramatique pour nos forêts.
Nourrir les sangliers plutôt que les réguler, pour s'assurer de chasses giboyeuses: une pratique dramatique pour nos forêts. - © Tous droits réservés

Ce 1er octobre est synonyme d’ouverture de la chasse en Wallonie, alors qu’en Flandre, les chasseurs sont pointés du doigt par la cellule Inspection de l’Agence pour la nature et la Forêt en Flandre, convaincue qu’un acte malveillant est à l’origine de la mort présumée de la louve Naya. "Les loups se trouvaient dans une zone inaccessible où personne ne peut se trouver en principe. L’acte était donc bien préparé, par des professionnels", indique l’Agence dans un communiqué lundi. Or, on a appris lundi que deux chasseurs ont été interpellés en zone interdite grâce aux drones, sans qu’on puisse faire pour autant le lien avec la disparition de la louve.

En Wallonie aussi, un vent de contestation s’élève : 50 associations lancent un appel "Stop à la dérive de la chasse". Elles dénoncent des pratiques déviantes qui impactent la biodiversité et nos forêts. Lionel Delvaux, chargé de mission et coordinateur à la Fédération Inter-Environnement Wallonie, explique que le chasseur, ne joue plus son rôle de régulateur des populations d’animaux sauvages.

40% de la surface des forêts wallonnes est ainsi dégradée à cause de la chasse, "parce que les densités de grand gibier y sont trop importantes et que le chasseur ne joue pas son rôle de régulateur. Son intérêt est plutôt de maintenir des populations importantes pour chaque année avoir davantage d’animaux à tirer".

Bien sûr, il y a effectivement des chasseurs qui ont des pratiques éthiques "mais à côté de ça, il y en a beaucoup qui ont des pratiques qui sont tout à fait inacceptables aujourd’hui, notamment les lâchers de gibier, c’est-à-dire des faisans ou des colverts qui sont lâchés quelques semaines avant la chasse : ce sont quelque part des animaux d’élevage qui sont tirés pour le seul plaisir de la chasse".

Mais il évoque aussi "la chasse en battue à cor et à cri": "c’est un mode de chasse qui va générer beaucoup de souffrance animale parce qu’il y a beaucoup d’animaux blessés, notamment parce que le chasseur ne va pas pouvoir les tirer dans de bonnes conditions", alors que "la battue silencieuse", elle, permet de beaucoup mieux cibler les animaux et d’éviter la souffrance inutile de notre faune sauvage.

Ces associations réclament donc "que le nourrissage soit encadré, voire totalement interdit, parce qu’il est utilisé pour maintenir des populations importantes, et qu’il y ait une réelle volonté de réduire la proportion des chasses en battues à cor et à cri pour avoir plutôt des modes de chasse plus doux. On devrait aussi encadrer ou interdire les lâchers d’animaux sauvages parce que c’est devenu inacceptable d’un point de vue éthique."

 

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