Steven Laureys, prix Francqui 2017: "Les neuropsychiatres considèrent que Trump est un malade mental"

Steven Laureys, prix Francqui 2017: "Les neuropsychiatres considèrent que Trump est un malade mental"
Steven Laureys, prix Francqui 2017: "Les neuropsychiatres considèrent que Trump est un malade mental" - © Tous droits réservés

Steve Laureys, prix Francqui 2017, la plus haute récompense dans le domaine de la recherche en Belgique, était l'invité de Jacques Cremers dans Matin première.

La liberté de chercher

Professeur et chercheur à l'université de Liège, il travaille au sein du GIGA, le Groupement Interdisciplinaire de Génoprotéomique Appliquée, et se dit plutôt heureux de travailler comme chercheur en fédération Wallonie-Bruxelles: "Comme directeur de recherche au FNRS, nous avons effectivement la liberté de chercher, personne ne va nous dire vers où je dois orienter ces recherches et c'est très bien ainsi".

Même s'il accepte que la recherche, pour se financer, collabore avec l'industrie, il met en garde: "Il faut permettre au chercheur de chercher, il est souvent impossible de prédire la retombée économique d’une recherche. Beaucoup de découvertes n'étaient pas planifiées précisément, que ce soient le Viagra, la pénicilline, la chimiothérapie, l'IRM". 

Or, en Belgique, en Europe, "un chercheur doit avant tout chercher de l'argent, et ça c'est regrettable: il y a des personnes qui sont à la frontière de la connaissance, et qui ont la capacité de faire un travail important pour notre société, et qui ne peuvent pas le faire. Ils perdent beaucoup de temps à faire de la paperasserie, à écrire des projets, à juger d'autres projets, à justifier leur budget, et ça c'est une frustration".

"Aux Etats-Unis, investir dans la science n'est pas une priorité"

Bien qu'il espère une amélioration du système, le chercheur estime que "c'est le plus beau métier qui existe".

Il n'imagine donc nullement émigrer aux Etats-Unis, dont il jalouse juste une certaine naïveté, une capacité de rêver. "Vous savez, avec Trump, ce n'est pas tellement accueillant. Pour son administration, investir dans la science n'est pas une priorité, mes collègues en souffrent. Ce n'est pas l'exemple qu'on veut voir, ce n'est pas quelqu’un qui représente des valeurs humanistes et va inspirer nos jeunes. Mes confrères neuropsychiatres aux Etats-Unis ont écrit une lettre où ils considèrent que c’est un malade mental, qu'il en a tous les symptômes et je suis d’accord avec eux."

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