Statues, monuments, plaques… des centaines de références à la colonisation dans les rues de Belgique

Le débat sur la décolonisation de l’espace public a repris de l’ampleur ces dernières semaines. Ici et là, depuis quelques jours, des statues de Léopold II et des références au "Congo belge" sont déboulonnées ou dégradées.

Les références à la colonisation se comptent par centaines dans l’espace public. Statues, monuments, plaques commémoratives, noms de rues… L’inventaire est sans fin. L’historien Matthew Stanard, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, a entrepris de les recenser. En 2019, il publie "The Leopard, the Lion, and the Cock", dans lequel il examine les effets à long terme du passé colonial de notre pays.

Cet ouvrage est accompagnée d’une précieuse annexe que nous vous reproduisons dans le tableau ci-dessous. On y retrouve toutes les œuvres d’art et autres stèles qui font référence à des acteurs de la colonisation. Pionniers coloniaux, militaires, prêtres… ils sont nombreux à avoir eu droit à ce type d’hommage.

Des rues, des avenues, des parcs…

En comptant les noms de rues (à retrouver dans le deuxième tableau ci-dessous), on arrive à près de 450 références à la colonisation belge sur notre territoire. Plus de deux tiers des éléments repérés par l'historien ont fait l'objet d'une visite sur place. Mais la liste n'est sans doute pas exhaustive. 

Le nom de Léopold II revient à lui seul une vingtaine de fois pour des avenues, des rues, des boulevards ou des parcs. Quant au "Congo" lui-même, il est utilisé une quarantaine de fois aux quatre coins de la Belgique selon les recherches de Matthew Stanard.

Le point central de ce tableau, c’est bien sûr le musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren. "Ce bâtiment est vraiment fait à la gloire du roi Léopold II", explique Guido Gruyseels qui dirige le musée depuis 2001. Partout, il est fait référence au roi des Belges dont le double L symbolique apparaît 46 fois dans le bâtiment.

Le lieu deviendra-t-il le refuge des statues vandalisées ? "On a déjà une statue d’Emile Storms", poursuit le directeur. Et une deuxième de ce général envoyé au Congo à la fin du 19e siècle, devrait bientôt arriver. Un accord de principe est intervenu en ce sens fin mai. Et Guido Gruyseels de désigner une "salle de dépôt où il y a les statues qui avaient un rôle dans l’exposition permanente avant. [Ces œuvres] montrent les Africains comme des barbares et des primitifs. […] Vous pouvez toujours les voir mais ils n’ont plus de rôle dans l’exposition."

►►► À lire aussi : Faut-il déboulonner les traces du passé colonial de la Belgique ?

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