Stationnement PMR payant: encore faut-il rendre les horodateurs accessibles

Stationnement PMR payant: encore faut-il rendre les horodateurs accessibles
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Stationnement PMR payant: encore faut-il rendre les horodateurs accessibles - © Tous droits réservés

Depuis la mi-juillet dans la commune d’Ixelles, les personnes handicapées sont tenues de payer leur place de stationnement dans les zones rouges, soit les quartiers commerçants où la rotation de parking est maximale et ce même en possession de la carte européenne de stationnement pour personnes handicapées. Oui mais voilà, outre le fait que pilule passe mal du côté des personnes à mobilité réduite (PMR), les horodateurs leur sont pour la plupart inaccessibles d’accès. Une situation cocasse dont la commune a pourtant bien conscience.

Ixelles, rue du Bailli. Un quartier commerçant où nombre d’automobilistes circulent et stationnent chaque jour. De nombreuses places de stationnement payantes sont mises à leur disposition, après quoi ils sont tenus de venir régler l’addition aux quelques horodateurs situés de part et d’autre de la rue.

Mais c'est sans compter la présence, parmi ces automobilistes, de personnes handicapées qui, la plupart du temps, sont dans l’impossibilité d’accéder à ces horodateurs tant la différence de hauteur entre la chaussée et les trottoirs est considérable.

Un scénario qui dure depuis près d’un an environ, depuis que la commune d’Ixelles applique le nouveau Plan régional de stationnement de Bruxelles-Capitale, obligeant les PMR à payer leur place de stationnement.

Ce plan, instigué par la précédente ministre de la Mobilité régionale, Brigitte Grouwels (CD&V), a pour but d’harmoniser les politiques locales de stationnement menées à Bruxelles. Il est appliqué petit à petit par les différentes communes de la Région. Ainsi, à l’exception des prestataires de soins médicaux urgents, les PMR sont tenus de payer leur place de parking et de ne pas dépasser les deux heures de stationnement dans les zones oranges et rouges. 

A ne pas confondre avec les emplacements "réservés aux PMR", qui eux, restent gratuits.

Une réelle contrainte en plus pour les PMR

Pour Miguel Gerez, initiateur du site Bruxelles pour tous, et lui-même personne à mobilité réduite, c’est une situation très critique : "Nous avons déjà tellement de contraintes en tant que PMR. Si en plus de nous faire payer nos places de stationnement et de nous contraindre à revenir deux heures plus tard, nous devons encore trouver une façon d’accéder aux horodateurs, c’est un réel moyen pour nous de nous dissuader de prendre la voiture."

Or pour beaucoup de personnes handicapées, la voiture reste le seul moyen de sortir de chez elles. "Certes, il reste les transports en communs. S'ils nous étaient tous accessibles, ça nous dissuaderait de prendre la voiture (…) 66% des bus de la capitale possèdent un logo handicapé (ndlr: le logo réservé aux PMR), mais la plupart ne sont pas opérationnels. La STIB donne une fausse information avec ce logo", affirme Miguel Gerez, qui concède cependant qu'une nouvelle dynamique est en train de s'installer à ce sujet à la STIB.

Commune et Région conscientes de la situation

A la commune d’Ixelles, Béa Diallo, échevin en charge de l’Egalité des chances semble bien conscient de la situation. "C’est en effet interpellant. C’est un débat qui a d’ailleurs déjà été amené au conseil communal. Nous essayons de trouver des solutions.", confie Béa Diallo.

"Cette réglementation est absurde, nous n'avons pas mesuré les conséquences de ce plan avant de le mettre en œuvre, mais je me dois d'appliquer la loi en tant qu'échevine de la Mobilité", explique Caroline Désir. "Au cimetière d'Ixelles, nous avons par ailleurs rajouté des places pour handicapés car certaines personnes ne savaient réellement pas accéder aux commerces."

Rien ne semble cependant avoir été mis en place pour le moment, mais des discussions sont en cours avec le ministre régional de la Mobilité, Pascal Smet (sp.a). Interviewé par téléphone, le porte-parole de ce dernier, Gorik Van Holen, affirme qu’actuellement "une révision de l’ordonnance est en cours mais doit encore être approuvée par le gouvernement."

Le but pour le ministre, explique-t-il "est de rendre tout gratuit pour les personnes handicapées. Nous sommes bien conscients du problème et faisons en sorte de modifier cette réglementation. Nous attendons une réponse du gouvernement dans les semaines qui viennent. D’ici là, la commune d’Ixelles est en droit de créer plus de places de stationnement gratuites pour les PMR."

Une situation qui devrait donc s’améliorer dans les semaines à venir. Reste que pour Miguel Gerez "il y a un réel problème de places de parking à Bruxelles et la question des handicapés doit se penser autrement."

A. Glaudot

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