Sri Lanka : l’équipage d’un porte-conteneurs en feu depuis 12 jours interrogé, désastre écologique en cours

Les membres de l’équipage du porte-conteneurs en feu au large de Colombo depuis douze jours ont commencé à être interrogés lundi, dans le cadre de l’enquête criminelle sur l’une des pires pollutions marines de l’histoire du Sri Lanka.

Le département des enquêtes criminelles (CID) est chargé d’enquêter sur les causes de l’incendie, qui s’est déclaré le 20 mai à bord du MV X-Press Pearl ainsi que sur les dommages colossaux entraînés pour l’environnement, selon un responsable.

"Nous avons interrogé trois membres de l’équipage jusqu’à présent", le capitaine et le chef mécanicien, tous deux Russes, ainsi que son second, un Indien, a indiqué un porte-parole de la police, en précisant que "l’enquête se poursuivait".

3 images
Débris du navire collectés sur la plage, le 31 mai 2021 © AFP

"Certains marins ont aujourd’hui aidé la police locale dans ses enquêtes sur l’incendie et coopèrent avec les enquêteurs", a déclaré pour sa part le propriétaire du navire, X-Press Feeders, dans un communiqué.

"Nous respecterons ce processus et nous ne nous exprimerons pas publiquement sur les détails opérationnels tant que l’enquête ne sera pas terminée", a-t-il ajouté.

L’enquête criminelle a été ouverte après une plainte de l’Autorité de protection de l’environnement marin du Sri Lanka (MEPA), avait indiqué la police dimanche.

La plus grave pollution 

Selon la MEPA, le capitaine du navire avait remarqué une fuite d’acide nitrique dès le 11 mai, bien avant qu’il ne pénètre dans les eaux sri-lankaises.

Immatriculé à Singapour, le bateau transportait notamment 25 tonnes d’acide nitrique, de matières plastiques, de soude caustique, de lubrifiants et autres produits chimiques.

3 images
Porte-conteneurs en feu au large de Colombo, le 31 mai © AFP/BELGA

Le feu intense, contenu depuis dimanche à l’arrière du navire de 186 mètres, a détruit une grande partie de sa cargaison de 1500 conteneurs, mais huit d’entre eux sont tombés dans l’Océan indien.

Des millions de granulés de polyéthylène, destinés à l’industrie de l’emballage, s’en sont échappés et ont recouvert les plages sri-lankaises, forçant à interdire la pêche dans une zone de 80 km et laissant craindre des ravages écologiques.


A lire aussi : Sri Lanka : une plage polluée par des tonnes de plastique provenant d’un navire en feu


La présidente de la MEPA, Dharshani Lahandapura, a indiqué que les dommages écologiques étaient encore en cours d’évaluation, mais qu’il s’agissait vraisemblablement de "la plus grave pollution qu’ait jamais connu le pays".

Il n’y avait pas de flammes visibles à bord du navire à la mi-journée lundi, mais de la fumée s’élevait de la section arrière, ont déclaré son exploitant et des responsables.

Les pompiers travaillaient toujours sur le site, ont-ils ajouté, précisant que le navire était encore trop chaud pour être approché.

Les autorités ont décidé de poursuivre les propriétaires du navire et son équipage et de réclamer des dommages et intérêts aux assureurs.

Le propriétaire du bateau, X-Press Feeders, affirme que la coque est intacte et que ses réservoirs de carburants ne sont pas touchés, alors qu’une marée noire est également redoutée.

Le MV X-Press Pearl, qui n’avait que trois mois, faisait route en provenance de l’Etat indien du Gujarat, vers Colombo lorsque l’incendie s’est déclaré. Il était déjà passé par le Qatar et Dubaï et devait se rendre en Malaisie puis à Singapour après l’escale prévue à Colombo.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK